25/09/2003

Raffarin patine

L'heure de vérité approche. Après une année de démarrage plutôt réussie, combinant une accélération progressive des réformes et une vraie affirmation de valeurs plutôt libérales (soyons généreux) quitte à brusquer une extrême gauche qui a le vent en poupe, le gouvernement vient de révéler de graves signes de faiblesse.
Augmentation de certaines taxes, recul devant les réformes prévues, toujours pas de réforme de l'Etat mais de nouvelles lois sur le droit des salariés qui vont contraindre les entreprises qui licencient et même une nouvelle taxe prévue sur la masse salariale des entreprises pour financer l'aide aux personnes agées, bref moult cafouillages stratégiques me paraissent très inquiétants.
 
Le Monde enfonce le clou : Fillon et Sarkozy seraient sur les rangs pour remplacer Raffarin, épuisé par ses 15 mois de pouvoirs. Est-ce de l'esbrouffe typiquement Mondienne (ou CanardEnchainesque) ou des bruits volontairement lâchés ?
 
Sur le fond, nous en revenons aux problèmes fondamentaux français :
1) un Etat que les hommes politiques ne contrôlent pas et qui bloque les réformes :
- toute réforme rencontre un blocage aussi dangereux qu'illégitime de la part de la fonction publique qui pèse, ne l'oublions pas, 25 % des actifs en France.
- la gestion des personnels, des services et des missions s'avère inexistante : pas de méthode moderne d'organisation du travail, une centralisation absolue, des outils technologiques périmés...
2) une création de richesse insuffisante chronique :
les 35 heures, le chômage structurellement élevé, une fonction publique qui, par sa productivité largement insuffisante, détruit la richesse produite par le secteur privé, une mentalité de plus en plus tournée vers l'oisiveté et un enseignement technique et supérieur inadaptés.
 
Depuis des années, des réformes sont envisagées, étudiées mais jamais proposées. La Cour des comptes, des économistes, sociologues, spécialistes en tout genre ont proposé nombre de projet dont certaines grandes lignes communes peuvent déjà être extraites afin de développer une première étape de réformes : enseignement au primaire, dans le secondaire, enseignement supérieur, santé, sécurité sociale... et même notre défense nationale (qui peut dire que notre stratégie de défense est cohérente, efficace...au prix que nous la payons ?).
Mais le gouvernement, malgré l'urgence de la situation, nous indique qu'il lui faut encore deux ans de consultations avant de pouvoir s'avancer.
 
Le changement devient nécessaire. Reste à savoir qui reprendra les rênes : un conservateur qui ne fera rien, un étatiste forcené qui va encore alourdir nos règlementations ou un vrai libéral ? Prions, car rien d'autre ne pourrait agir sur une UMP omnipotente et aux ordres d'un Chirac imprévisible (et, hélas, bien peu libéral).

10:19 Écrit par Alternative Lib | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

... La France coule...

Écrit par : DyFuCa | 25/09/2003

Votre avis, svp. Quel blog!
Dites-moi, que pensez-vous de Berlusconi?
Allez, osez...
Tony

Écrit par : Tony | 23/10/2003

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