10/10/2003

Le CE d'EdF, premier actionnaire de la CGT et du PCF ?


Nous savions que les retraites des employés de statut public d’EdF seraient payées par les cotisations des salariés du privé, nous devinions ce que les statistiques confirment : leur temps de travail hebdomadaire est le plus faible de la fonction publique et leur revenu moyen parmi le plus élevé.

Ce que l’IFRAP prouvait depuis longtemps, la Cour des Comptes et un Tribunal vont le découvrir bientôt. Le dernier contrôle de la Cour des Comptes remonte à plus de 10 ans en arrière, c’est à dire à une autre époque, celle des " potes " qui se servaient dans les caisses publiques, celle du grand socialisme ardent.

1 % du chiffre d’affaire, soit 6 % de la masse salariale finance le CE d’EdF, au moins 6 fois plus que dans les entreprises privées. Plus précisément, 1 % de notre facture d’électricité finance ce CE !

MUTUELLE DU GROUPE

30 % de ces 384 millions d’euros annuels (2.5 milliards de FRF) vont aux caisses mutuelles d’EdF, pourtant chroniquement déficitaires… au point de frôler la cessation de paiement cet été ! Et ce bien que EdF-GdF n’ai jamais hésité à alimenter parallèlement les budgets des 110 caisses locales de la mutuelle à coups de millions d’euros. Mais voilà, la gestion des mutuelles est assurée… par la CGT qui ponctionne 23.5 % des fonds pour la seule gestion (au lieu d'un maximum de 10 % ailleurs).

Mais remplacer les bouliers actuels par des PC aurait un coût : au moins 300 salariés licenciés, c’est à dire des permanents en moins pour le PCF et la CGT et un conflit social assuré.

ACTIVITES SOCIALES

70 % vont aux activités de CE. Un nouveau directeur général découvre avec stupéfaction la gestion du CE : contrats signés avec de petites entreprises opaques les plus chères (parfois le double de la concurrence), une comptabilité certifiée avec moult réserves par le Commissaire aux Comptes, une bonne part des 3700 permanents travaille ailleurs (à la CGT et au PCF). Il tente vainement d’assainir ce cloaque avant d’être mis sur la touche par la majorité CGT (10 sur 18) qui siège au conseil d’administration de cette grande entreprise totalement corrompue. Depuis avril, son petit bureau, sous les combles, est un vrai placard !

Anecdote révélatrice : en février, le conseil d’administration du CE accepte de financer le groupe néo-punk Sergent Garcia pour son CD Stop da War. En pleine effervescence de la guerre en Irak, cela ne choque personne que ce CE s’engage dans la lutte idéologique.

Mais voilà : les membres ont la fâcheuse surprise de découvrir les 77 000 CD encartés dans le journal dont le titre est un contre-sens… L’Humanité Hebdo ! Voilà un joli coup de pouce financier au journal en déroute de la part du CE d’EdF ! ! !

PLAINTES/ENQUETES

Bref, des plaintes s’accumulent, la Cour des Compte démarre une enquête en profondeur. Mais les magistrats, les politiques ont-ils intérêt à menacer une paix sociale acquise au prix de toutes ces dérives ? Je crois que le jour est venu, en profitant de cette médiatisation inespérée, d’imposer de l’ordre à cette institution. Nouveau statut pour devenir un CE comparable à ceux du privé (1 % de la masse salariale), dégraissage massif (on parle officiellement de 15 %, mais c’est plus de 40 %, des salariés du CE qui, pour ceux qui ne sont pas ailleurs, n’apportent rien aux salariés d’EdF !), rationalisation des appels d’offre avec des règles claires, transparence des comptes.

 

Cette histoire est évidemment la plus visible, la plus excessive. Espérons qu’elle servira d’exemple dans toutes les entreprises, privées notamment. Les abus et détournements y sont systématiques, l’incompétence des syndicalistes dans la gestion d’un CE (qui s’apparente à une entreprise) est quasi générale. Si nous constatons une déliquescence dans l’univers des négociations paritaires, c’est aussi largement dû au manque de légitimité de nos syndicats, élus par seulement 8 % des voix en moyenne. Une réforme s’avère nécessaire afin d’autoriser l’émergence de syndicats qui répondent aux attentes des salariés, moins politiques et plus attentifs aux besoins locaux, meilleurs gestionnaires de leurs CE par exemple.







10:52 Écrit par Alternative Lib | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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