21/10/2003

La pierre reste le meilleur des placements.


Nos prisons françaises vont connaître un coup (et un coût) de jeune. Plus de la moitié d'entre elles date d'avant 1912 et le taux important de surpopulation ne fait qu'aggraver les conditions de vie des détenus.
L'équation, classique dans le domaine public, fut posée par le rapport du sénateur HAENEL en 2002 : comment faire plus, mieux et sans budget ?

Grâce au PPP, concept introduit par les libéraux depuis longtemps : ce Partenariat Public - Privé. donnera naissance à 18 prisons (10 000 places) rutilantes dans les années à venir. Avantages ?
1) Les entreprises de BTP disposent des compétences nécessaires aussi bien dans la conception que dans la réalisation des établissements, prenant en compte tant l'aspect sécurité que celui de la vie des détenus (douche, espaces sportifs...), en particulier les parloirs "familiaux". L'Office International des Prisons reconnait même que ces modèles amélioreront nettement les conditions de vie des prisonniers.
2) Ces entreprises avanceront le capital nécessaire et l'Etat ne versera qu'un loyer tout au long de la vie des établissements.
3) Les personnels resteront les fonctionnaires de l'actuelle Pénitentiaire. Ce qui rend caduque toute comparaison avec le système américain, radicalement différent avec ses personnels privés parfois non qualifiés.
4) Des entreprises extérieures offrent une qualité nettement améliorée de diverses prestations : professionalisme, meilleure organisation. Notamment dans le domaine de la restauration, les repas de la Sodexho remportent un vif succès en comparaison avec le rata habituel.

Quelques détails restent à déterminer :
1) le coût moyen d'une journée de détention, aujourd'hui de 50 euros, sera t-il inférieur dans ces établissements privés ? La Ligue des Droits de l'Homme semble avancer que non. Débat prometteur en perspective sur le rapport qualité/prix des prisons.
2) Une option d'achat par l'Etat au terme des 25 ou 30 ans de concession reste à négocier avec les partenaires du BTP qui ne veulent pas prendre le risque de se retrouver avec des établissements difficiles à reconvertir vers d'autres usages.

Evidemment, des ONG qui vivent de l'argent du contribuable sans trop de contrôle se fâchent déjà à l'idée que des entreprises privées puissent faire des profits sur le dos d'un service public. La compétence se paye; et ce prix, après profit, s'avère le plus souvent inférieur à une prestation comparable du public, prestation qui se révèle par ailleurs toujours de moindre qualité.

Bref, les conditions de détention seront moins dégradantes et, nous l'espérons, moins chère pour le contribuable. Gagnant-gagnant !

11:15 Écrit par Alternative Lib | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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