23/10/2003

L'immobilisme est passé comme une lettre à la Poste


Jusqu’alors, la Poste n’abordait le problème de ses déficits qu’en augmentant le prix du timbre. C’est bien connu, le meilleur moyen d’affronter la concurrence (certes lointaine : 2009), c’est de monter les tarifs. Le colis le plus léger est aussi le plus cher des pays industrialisés (après l’Allemagne) !

Depuis la loi du 2 juillet 1990, la Poste jouit de l’indépendance financière et seul le fameux contrat de plan relie la Poste à l’Etat. Pourtant, aucune réforme n’a encore été sérieusement envisagée. Aujourd’hui, ce contrat de plan n’est ni cohérent, ni encourageant pour l’avenir :
1) élargir la palette des services financiers de la Poste de façon sélective et incohérente
révèle une totale méconnaissance de cette activité hautement concurrentielle. Soit il s’agira de dumping, coûteux pour le contribuable et illégal au regard des lois européennes de la concurrence, soit il y a un secret de fabrication qui a échappé à tous les établissements financiers spécialisés.
2)le problème colossal des retraites n’est pas abordé : 2 milliards d’euros par an aujourd’hui, montant qui augmente d’un petit 100 millions d’euros par an ! La politique de l’autruche s’impose.

Bref, la réforme qui s’impose n’est pas pour demain. Et pourtant, elle est possible : elle a connu le succès dans de nombreux pays.

Exemple : la Nouvelle-Zélande a depuis longtemps réformé leur poste, dans le cadre plus vaste de la réforme de l’Etat. La Nouvelle-Zélande, sous un gouvernement travailliste, a vu toutes ses entreprises d’Etat privatisées, notamment la Poste en 1987 qui connaissait alors le même problème que la nôtre aujourd’hui : sureffectifs, déficits importants, mauvais délais. Les 5 premières années, les investissements se sont accrus pendant que l’organisation était entièrement revue : la main d’œuvre est passé de 75 à 51 % du coût général, ce qui a permis une baisse des effectifs de 40 % ! des 800 bureaux de poste, il ne reste que 300 contre une multiplication des points de vente.
Ensuite, le prix a pu baisser considérablement, la qualité a entraîné une hausse du chiffre d’affaire et le développement à l’international a permis de créer une toile mondiale importante. Dernier point : retour des profits pour les nouveaux actionnaires et taux de satisfaction des usagers passé de 60 à 95 % !

Le dernier Rapport de la Cour des Comptes est accablant (encore un !). Qualité du service courrier très dégradé, incohérence des services financiers, déficits importants des différentes activités, productivité beaucoup trop faible, manque de souplesse dans l’organisation : centres de tri, points de vente et effectifs beaucoup trop nombreux. Quant au rôle social de la Poste, aucun débat sur le rapport qualité/prix n’a encore eu lieu autrement que très superficiellement. Ne peut-on pas envisager mieux en moins cher ?

Pouvoir syndical fort, mobilisation facile et paralysante pour le pays, équilibre des retraites qui exige une base salariale importante pour payer les actuels et futurs retraités, tout contribue à l’immobilisme tant que les contribuables sont prêts à éponger ces déficits massifs et à supporter cette qualité de service fort médiocre.

Faudra t-il un gouvernement de gauche pour prendre le dossier à bras-le-corps ?

17:02 Écrit par Alternative Lib | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

qui va payer les retraites ? Facile de dire qu'il y a un problème de retraite des fonctionnaires de la poste
mais jusqu'en 97, la poste payait les retraites de ses postiers fonctionnaires,
comme il n'y a plus de recrutement de fonctionnaires, il y a déséquilibre,
la solution libérale : privatiser la poste et faire payer la charge des retraites fonctionnaires évaluées sur 40 ans à environ 70 M€... par le régime général retraites du privé + participation de l'état
... et permettre aux futurs actionnaires de La Poste d'engranger de juteux dividendes

C'est beau le libéralisme !!!

Écrit par : leo | 18/10/2005

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