21/11/2003

100 minutes pour convaincre : Sarkozy


Nicolas Sarkozy sort du profil habituel de l'ENArque bien rôdé (et pour cause, il n'est qu'avocat), habitué aux cabinets ministériels et à la savante langue de bois. Notre ministre de l'Intérieur, lui, a appris qu'il y avait bien plus à gagner à ne pas s'inscrire dans cette usante tradition.
Arguments clairs (ça, il l'a beaucoup répété : "il faut être clair"), concis, percutants. Reconnaissance d'erreurs, de faux pas, notamment sur la Corse. Fermeté, même sur les sujets politiquement à la limite de l'incorrect.

Evidemment, lorsqu'un journaliste de France 2 cherche à le coincer sur une affaire courante ("un homme a crevé 8 pneus, rendez-vous compte !"), le talent avec lequel le ministre a réussi à coller le journaliste pourtant en charge du dossier dans les détails nous laisse admiratifs !
Plus un mauvais point pour ceux qui avaient une bonne opinion du travail d'investigation de France 2...France 2 se révèle à nouveau plus un chaine d'opinion, manifestement...

Tarek Ramadan fut brillant, également clair et concis. On peut même considérer que Sarkozy, en s'énervant un peu, s'est fait contrôler par le flegmatique théologien aux arguments subtils et efficaces. Ce dernier a reconnu quelques maladresse dans son fameux article sur le communautarisme juif pro-sioniste, il ne s'est toutefois pas excusé. Il a affirmé clairement que les violences conjugales, la lapidation taient à banir des valeurs contemporaines islamiques, ce qui n'est pas un mal pour l'exemple.
Sur le port du voile, il est resté plus mesuré et a cherché le compromis dont Sarkozy s'était fait préalablement le défenseur. Face à ce Ramadan en forme, difficile de dire lequel a coincé l'autre. Etait-ce le but ?

Enfin la dernière partie avec le Pen fut une partie plus facile pour Sarkozy. Le Pen, usé, s'énerva et perdit un peu les pédales face à un Sarkozy détendu qui menait la cadence, sans tabou ni sentiment coupable... en ministre qui assume pleinement ses actes, mêmes difficiles.

En conclusion, notre journaliste présentateur lui fit remarquer que Fabius, la dernière fois, avait avoué penser à 2007 en se rasant. Et Sarkozy ? La réponse fut nette : "Je n'y pense pas qu'en me rasant"...

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18/11/2003

Chirac a encore frappé !


Nous tenons le coupable de l'immobilisme gouvernemental, il vient de faire reporter in extremis la suppression du monopole de l'ANPE, pourtant nécessaire pour rendre le marché du travail plus dynamique. C'est de mauvais augure pour les réformes envisagées : RMI/RMA, obligation d'accepter les offres des services d'emploi comme l'ANPE.

Bravo à notre très anti-libéral président qui a insisté pour que le gouvernement subventionne les altermondialistes !

Chirac, frein ABS certifié de toute réforme libérale !

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La misère fiscale en France


La productivité française est remarquable. D'abord, pour avoir un job, il faut vraiment que ce poste rapporte à l'employeur afin qu'il puisse amortir charges, obligations, règlementations... et son profit en rémunération du risque entrepreneurial.
Plus surprenant à priori, nous retrouvons la même productivité chez nos hommes politiques-hauts fonctionnaires (ou l'inverse, on ne sait jamais vraiment) : un travail étonnant aboutit à une logorrhée législative épatante. Personne n'y comprend rien, l'ineptie de cette paperasserie permet de tout défendre et son contraire... et surtout à l'administration de ne rien changer. En fait, cette productivité, contrairement à son principe fondateur, est au service d'une valeur déduite (et non ajoutée !).
Le plus redoutable de tous les domaines créatifs de nos grands hommes, c'est la fiscalité, tantôt appelée directe, tantôt indirecte, parfois "charges sociales" non étatiques mais contrôlées par des "partenaires sociaux" que personne n'a jamais choisis dans le secteur privé (8 % de participation aux élections de représentants du personnel et de CE, c'est à dire 92 % d'abstention !).
Le total des ponctions forcées atteignent un niveau himalayesque en France dans les tranches hautes, ce que confirme une étude récente de UK Trade and Investment :

Un Tax Misery Index agglomère :
1) Taxe sur les sociétés
La France atteint un taux moyen 36 % comme l'Italie
Max = 43 % aux USA ou 40.8 en Belgique, 40.3 au Japon
Min = 16 % en Irelande, 25 % en Allemagne, 28 et 29 en Suède et Finlande
2) Taxe sur le revenu
La France est au top : 60.8 % devant la Belgique, la Suède, tous deux à 55, le Danmark à 59
Min = 40 % au RU, 42 % en irelande, 43 au Japon
3) Taxe sur la fortune
L'Espagne nous dépasse légèrement. Ensuite, loin derrière nous, seules la Suède et la Finlande ont une petite taxe de ce type, IVNI (Impôt Voleur Non Identifié) dans les autres pays riches.
4) Charges sociales de l'employeur
Nous sommes au top avec 45 % ! Loin devant les 37 de l'Italie, les 35 de la Belgique ou les 32 de la Suède.
Min = aucune au Danmark,7 aux USA, 10 au Japon, 12 en Allemagne, au RU et en Irelande.
5 ) Charges sociales de l'employé
Encore une fois, médaille d'or pour partagée entre la France et le Japon, à 18 %, loin devant les 13 de la Belgique ou de l'Allemagne.
Min = 4 % en Irlande, 6.5 en Espagne et en Finlande, 7 aux USA et eux Pays Bas.
6) TVA
La Suède et le Danmark nous dépassent avec leur 25 %, la Finlande à 22, la Belgique à 21 %.
Notre 20 % nous classe avec l'Italie et l'Irelande.
Min = 5 % au Japon, 8 % aux USA !

Globalement, la somme nous place au sommet du podium avec 181 % ! Applaudissements !!!
2eme et 3eme : la Belgique avec 164 % puis la Suède avec 149 %.On descend doucement vers les Pays-Bas (2.5 % de chômage pour rappel) à 130 %, le Danmark à 123, les USA à 113, le RU à 109 et enfin l'Irelande, la moins taxée (Hoouuuu !!!) avec 94 % de prélèvements maximum. Et avec autant peu de prélèvements, ils sont en excédent budgétaire ! La misère, quoi...
Pour le tableau : restez assis et cliquez ici.

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17/11/2003

Les 6 vérités de la mondialisation selon Johan Norberg


Lors de l'excellente journée du 15 novembre organisée par Alain Madelin au sommet de l'Arche de la Défense, de nombreux intervenants ont brillé par la qualité de leur prestation. Certains députés UMP comme Claude Malhuret et François Goulard ont donné à nouveau de l'espoir aux libéraux. Si le discours d'Alain Juppé a failli refroidir l'ardeur générale, la conclusion d'Alain Madelin a rétabli l'ambiance en offrant une magnifique réponse à ce vide des idées qui plombe tant le parti de la majorité en manque de souffle depuis des mois (pour ne pas dire depuis le départ).

Parmi les orateurs de grande qualité (Jean-François Revel ouvrait le bal, imaginez la suite), Johan Norberg est intervenu en fin de journée pour défendre son plaidoyer pour la mondialisation capitaliste en 6 points qui vont à l'encontre des clichés aussi infondés, hélas, que populaires :

1) la mondialisation, meilleur moyen de lutte contre la pauvreté
La pauvreté n'est pas un phénomène nouveau, elle est bien antérieure au phénomène de la mondialisation. Au contraire, depuis 1945, le PIB mondial par tête a doublé et la pauvreté a plus diminué qu'au cours des cinq siècles précédents. Alors que la population a augmenté de 1.8 milliards d'habitants depuis 20 ans, nous constatons une baisse de 200 millions d'individus qui gagnent moins de 1 dollar par jour (seuil de pauvreté absolue).
La faim chronique et le taux de travail des enfants a été réduit de moitié, l'espérance de vie est passée de 46 à 64 ans et la mortalité infantile est descendue de 18 à 8 % dans les pays en voie de développement. Ces taux sont meilleurs que ceux des pays riches il y a 100 ans.
Pourquoi ? Parce que les idées, la communication et les technologies se sont répandues à travers le monde. La démocratie et la liberté progressent sur les 5 continents. Enfin, le progrès est 3 à 5 fois plus rapide dans les pays qui ouverts sur le monde que dans les économies fermées.

2) la mondialisation réduit les inégalités
Un rapport de la Banque Mondiale révèle que 24 pays en développement (soit 3 milliards d'individus) ont connu une croissance par tête de 5 % dans les années 90 (contre 1 % dans les années 1960). A cette vitesse-là, le citoyen moyen verra son revenu doubler en 15 ans. Le rapport entre les 200 millions d'individus les plus pauvres et les plus riches est tout à fait significatif, révèlant un resserrement progressif.

3) la mondialisation, facteur de lutte contre l'exploitation dans les pays pauvres
La comparaison entre les travailleurs des entreprises locales et des multinationales est flagrante : les salaires des multinationales sont 3 à 4 fois plus élevés, et ce dans des conditions bien meilleures. Par ailleurs, les multinationales investissent, apportent des technologies nouvelles, augmentent la productivité des salariés et leur apportent un savoir-faire. L'Education prend rapidement de l'importance autour de ces entreprises qui investissent dans le pays.

4) la mondialisation ne détruit pas les emplois occidentaux
Il y a 150 ans, 80 % des européens travaillaient dans l'agriculture. Les gains de productivité ont permis à ce secteur de ne plus compter que quelques pourcents des salariés. Pourtant, nous n'avons pas 70 % de chômeurs. En fait à travail égal, nous avons davantage de biens et de services accessibles. C'est ce qu'on appelle la hausse du niveau de vie.
Grâce à la désindustrialisation de nos économies, nous pouvons consacrer nos énergies à de nouvelles technologies à plus forte valeur ajoutée. Sans cela, nous n'aurions pas connu la révolution informatique, internet par exemple.
Aux USA, si 1 employé sur 10 travaille en usine, 1 autre travaille dans l'éducation, 1 pour les industries de loisirs et de divertissements, 1 autre dans la finance ou dans les technologies de l'information... Plus de 2/3 des 15 millions d'emplois nouveaux crées dans les années 90 (contre 1.5 millions détruits), plus productifs, se sont effectués à salaire supérieur au salaire moyen.
En France, plutôt que d'incriminer la mondialisation, nous ferions bien de regarder les obstcles à la création d'entrprises, aux impôts, à la règlementation, à l'interventionnisme étatique, à l'enseignement supérieur inadapté.

5) la mondialisation, salut de l'environnement
La prospérité est le seul motif de défense de l'environnement, luxe que s'offrent seuls les "riches". La pollution augmente avec la croissance jusqu'à un certain point (estimé à un PIB annuel de 8.000 - 10.000 dollars par habitants) au-delà duquel elle diminue car l'effort de recherche, l'établissement de normes importants permettent ce contrôle coûteux. Seul le développement économique des pays pauvres permettra d'atteindre cet objectif.
Pour rappel, 14.000 personnes meurent chaque jour dans les pays pauvres à cause des maladies transmises par l'eau, 6.000 par intoxication due aux modes de chauffages (bois, fumier...). Où se trouve l'urgence environnementale aujourd'hui ?

6) le libre-échange, seul système équitable
Le textile et l'agriculture sont deux domaines particulièrement protégés au sein des pays riches. Le montant total du protectionnisme occidental représente environ 700 milliards de dollars par an !
Ces secteurs à haute densité de main d'oeuvre sont pourtant ceux pour lesquels les pays pauvres sont les plus compétitifs. Notre protectionnisme corporatiste revient à brider l'économie de tous ces pays qui cherchent à développer leur économie par le commerce international.
Limiter les importations de ces pays revient à limiter nos propres exportations vers ces mêmes pays par souci de gains de productivité, d'investissement dans nos technologies. Notre protectionnisme est un jeu perdant-perdant.

Depuis que vous lisez ce texte, 115 personnes sont passées du stade de la faim à un niveau de nutrition acceptable, 220 personnes sont passées d'une pauvreté absolue à un niveau de vie qui ressemble à une classe moyenne mondiale. Voilà où se trouve la promesse de la mondialisation en cours.

18:02 Écrit par Alternative Lib | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

14/11/2003

Trotski l'a rêvé. Les altermondialistes l'ont fait...


Non, j'exagère : nous n'en sommes pas encore au génocide.
Dernière action vendredi après-midi : l'occupation de locaux de la Ville de Paris au 206 quai de Valmy dans le 10eme arrondissement. Jusqu'au printemps 2004 (ou 2005, 2006 ?), ils y seront à l'abri, détériorant tranquillement un bâtiment municipal qui devra être réhabilité... avec nos impôts bien entendu. Quand on partage les mêmes valeurs, on ne compte pas !

Enfin le dernier jour, Samedi, ce fut la fête ! Grande manifestation avec tambours, faucilles et marteaux. Le rouge était roi avec un peu de noir ici et là.
Le PS aurait bien voulu s'y tenir honorablement... il l'a fait, mais couché avec l'ennemi, debout lui. Si France 3, chaine publique bien connue pour la neutralité de ses propos, n'a décelé aucun incident, d'autres chaines plus perspicaces ont pu filmer les passages à tabac des uns par les autres. Cette chaleur relationnelle ancienne (stands détruits à coups de barre de fer cet été, militants PS régulièrement agressés par des militants anti-mondialistes) est d'excellent augure pour l'avenir de cette "altermondialisation".

Car ce que veulent ces altermondialistes, manifestement, c'est surtout un goulag meilleur...

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12/11/2003

Sanctions dans l'affaire Elf : un pas dans le bon sens


Cette affaire illustre l'évolution des mentalités vers une plus grande responsabilité des dirigeants en France. Si les commentaires patriotiques sur l'affaire Executive Life révèlent que ce sentiment n'est pas encore pleinement acquis, le jugement du jour va tout de même dans le bon sens.

Les trente prévenus devront rembourser les montants détournés aux dépends des actionnaires.

Loïk le Floch Prigent, 60 ans et déjà écroué : 5 ans fermes et une amende de 375 000 euros
André Tarallo, 76 ans et libre (jusqu'4 aujourd'hui) : 4 ans fermes et 2 millions d'euros d'amende.
Alfred Sirven, 76 ans et déjà écroué : 5 ans fermes et un million d'euros d'amende.
Alain Guillon, ex directeur du raffinage, 61 ans : 3 ans fermes et 2 millions d'euros d'amende.
...Fatima Belaïd, ex-épouse de Loïk, 48 ans : 3 ans dont 2 avec sursis et un million d'euros d'amende pour ses millions d'euros acceptés d'Elf en guise de dédommagement.
Maurice Bidermann, 68 ans : 3 ans dont deux avec sursis et un million d'euros d'amende.
Au total, 30 condamnés devront rembourser plusieurs dizaines de millions d'euros détournés ainsi que de conséquentes amendes. La prison est assez largement distribuée à tous, sans durée excessive toutefois.

Loïk, moralement très atteint depuis quelques mois, a déjà annoncé qu'il ne fera pas appel.

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11/11/2003

Elections régionales mars 2004 : un bouillon UMP-PS ?


Les 21 et 28 mars prochains, les élections régionales promettent de belles surprises pour les partis traditionnels, avec des triangulaires menées par le FN (règle du 2nd tour : le parti en tête ramasse 1/4 des sièges en plus de sa proportion des 3/4 restants, distribués en fonction des scores). La désaffection croissante des citoyens pour les élections va amplifier l'émergence des extrêmes. La démocratie est en panne dans notre pays qui voit les libertés individuelles pourtant réduites chaque jour encore restreintes.

La relève du PCF moribond est assurée avec la fusion de la LCR et de LO qui devrait amorcer une forte remontée de l'extrême gauche anti-libérale et anti-démocratique.
Le FN n'a pas de raison de ne pas se renforcer. Marine Le Pen, contrairement à son père, arrive assez bien à dé-diaboliser son parti dont l'aspect xénophobe apparaît moins nettement. D'ailleurs, personne ne connaît vraiment le programme du FN. Que cela change t-il dans l'esprit des citoyens en comparaison avec les programmes si pointus et ineptes des grands partis que personne ne comprend ?

L'explication de cette déliquescence de notre monde politique, déjà ancienne, ne tient pas en une seule explication.
Il existe d'abord un lourd phénomène d'exclusion due au chômage élevé et durable depuis des décennies et aux problèmes d'intégration de l'immigration notamment nord-africaine.
Mais aussi, notre modèle démocratique ne correspond pas aux attentes des français :
1) Traditionnellement, la majorité a raison, la minorité a tort. Le plus petit minoritaire, l’individu, voit sa vie cadrée par des décisions qu’il n’a jamais pu contester : ses charges sociales, sa retraite, son temps de travail, sa redevance pour des chaînes publiques, ses contributions au chômage des intermittents, aux aides aux uns et aux autres… tout est décidé pour lui sans son avis.
2) Le pouvoir politique est aux mains de hauts fonctionnaires appartenant à l’administration, cette perméabilité incestueuse inhibant la volonté réformatrice de tout pouvoir, tant législatif qu'exécutif.
3) Enfin, la fonction publique au syndicalisme fort, corporatiste et actif pèse bien plus lourd que la volonté populaire.
Les urnes sont, hélas, soumises à la rue.

Les vraies réformes, pour ne pas rester superficielles, impliquent de rendre à l’individu des libertés fondamentales depuis trop longtemps oubliées en France, et donc, conséquence directe, de le rendre responsable de sa vie et de ses actes.
Lorsque la solidarité nationale, excessive, s’apparente à un racket institutionnel, lorsque les partis traditionnels, figés dans une gangue immobiliste, s’avèrent responsables de notre situation économique et sociale désastreuse, nous devons repenser notre modèle en profondeur avant que le FN ou LO/LCR ne le fassent pour nous.

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05/11/2003

Les ébats de l'Union, "cul par-dessus tête"


Mardi 4 novembre, à l'Institut du Monde Arabe (quel symbole !) se tenait un grand débat organisé par l'UMP et les Débats de l'Union sur le thème de la mondialisation. Alain Madelin était bien entendu là, mais aussi Juppé, Douste-Blazy, de Villepin, Raffarin...et le conseiller du FSE à la CGT, la directrice générale de Greenpeace. Le président d'ATTAC, lui, s'est fait excuser... Mais à écouter les intervenants, on ne savait plus vraiment qui était de gauche, qui était de droite.

Jean-Pierre Raffarin a insisté sur les «formidables évolutions positives» de la mondialisation et invité les responsables politiques à «rassurer» l'opinion et «éviter la diabolisation des échanges internationaux. [...] On voit apparaître en France deux types de tempérament : ceux qui choisissent l'ouverture parce qu'ils ont confiance en eux, et puis ceux qui choisissent le repli, qui ont peur de s'ouvrir et qui vivent l'ouverture comme une menace. ». Pas mal comme ouverture !

Mais alors, l'un plaide pour "une nouvelle éthique dans le monde" et "La France s'emploie à mettre les pays du sud au coeur des préoccupations internationales", rien que ça; devinez la source : de V....
L'autre, Douste, avance que "nos concitoyens attendent de la politique qu'elle les aide à affronter un monde de plus en plus concurrentiel et non qu'elle les laisse se débrouiller seuls dans la jungle avec la sélection naturelle.". Toujours aussi drôle, le Douste ! dernier gag : "Nous aussi on veut changer le monde".

Juppé a bien évoqué le "discours démagogique" des altermondialistes. Bon, et ensuite ? Pas grand-chose de notable : "Je regarde le monde tel qu'il est et il va cul par-dessu tête. Il faut avoir une bonne dose d'optimisme ou d'aveuglement pour considérer que la mondialisation telle qu'elle est va contribuer aux solutions de nos problèmes." De la part d'un spécialiste de l'évaluation aussi fin, c'est douloureux...

Enfin Alain Madelin trancha avec le ton général : "la mondialisation, c'est la chance des plus pauvres".
Rappelant avec bon sens que les premiers demandeurs de la mondialisation, ce sont les pays pauvres, il a vigoureusement mis en garde la droite contre sa dérive en faveur des altermondialistes. Tendre la main n'apportera jamais leurs voix. Si l'objectif est de diviser le PS, attention aux conséquences à plus longue échéance
Il le rappelait le matin lors d'une table ronde : «le désarroi de la droite tient à trois raisons : d'abord, elle ne réfléchit pas assez, ce qui fait qu'elle n'a pas de réponse à apporter aux arguments même les plus simplistes des «altermondialistes». Ensuite, certains à l'UMP font implicitement le calcul d'une extrême gauche radieuse, pour faire au PS le coup qu'il nous a fait avec Le Pen. Enfin, il y a dans nos rangs des gens que les positions de Jacques Chirac paralysent un peu. Il est parfois plus à gauche que l'extrême gauche. Rappelez-vous son discours de Johannesburg sur «la maison qui brûle»...».

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04/11/2003

La France, pays des extrêmes ?


La France perd confiance en elle-même avec l’évolution forcée de ses repères. La douce remise en cause de sa centralisation étatique égalisatrice jacobine, le débat sur la rigidité d'une laïcité pourtant aménagée pour certains, la fin du modèle de l'exception culturelle française et une économie qui accélère dans sa chute ont soudain vu apparaître des failles profondes, fondamentales.
Les libéraux français ont ici un rôle essentiel à jouer, à la condition qu’ils se remettent en cause au même titre que tous les français !

Le débat sur la laïcité révèle l’absence de solution miracle, morale ou pratique. On agrège le voile, l’Islam, l’Islamisme, les repas de cantine, les piscines aux horaires spécifiques non mixtes pour dresser un portrait confus et inquiétant d’une religion foncièrement inconnue de tous, attisant une peur nationale diffuse. De lourds problèmes sociaux locaux associés à un certain repli communautaire amplifient ce sentiment perturbant. Déjà, des voix s'élèvent pour exiger de nouvelles lois, de nouvelles règles nationales rigides, strictes et inutiles en lieu et place d'une gestion contractuelle, ferme et sereine, des problèmes rencontrés. Impasse assurée de l'absolutisme aveugle d'Etat.

Reste l’Etat, patriarche que l’on critique pour mieux en défendre les fondements, repère traditionnel que son archaïsme désarmant nous rend attachant. Dans un univers de plus en plus ouvert, dynamique et concurrentiel qui voir émerger rapidement de nouvelles puissances économiques et de nouvelles règles du jeu, les français pantouflent avec leur Etat mammouth et ferment les yeux sur le relevé de compte en imaginant que demain, tout ira mieux.
La décentralisation partiellement amorcée, l’introduction de critères de productivité, du sens du mérite dans l’administration, le débat sur son poids intenable nous obligent à regarder autour de nous, à nous remettre en question comme le reste du monde l’a fait depuis longtemps. Ce n’est jamais facile !

Quelles réponses apportent les partis politiques ?
Le PS n’offre aucune réponse et est en train de commettre la même erreur que la droite dans les années 80, cherchant sa frontière avec l’extrême gauche. L’UMP reste profondément centriste, immobiliste, appliquant quelques touches de réformes inachevées. Maintenant que sa cote de confiance est au plus bas, comment engager des réformes plus structurelles, abouties qui exigeraient un environnement stable, serein ?

Le FN, lancé par notre Tonton flingueur national dans les pattes de la droite, ne s'est pas révélé éphémère, le temps d'une campagne. Il atteint aujourd’hui 19 % et menace de prendre un jour la présidence de région face à une droite désemparée et une gauche en crise d'identité. Surtout que la relève semble assurée par la seule femme qui aura la direction d’un parti, une femme tonique et enthousiaste qui défendra bien le discours démagogique du repli national, opposé absolu de la mondialisation : Marine le Pen.

A gauche, après un succès électoral inespéré de l’extrême gauche trotskiste, les altermondialistes surfent sur une vague médiatique malgré leurs nombreux dérapages. LO et la LCR se regroupent et font monter la pression sur un PS en voie de liquidation idéologique. Ils vont sans doute récupérer les voix du PCF, lui au bord de la liquidation judiciaire. Dernier sondage IFOP : si 9 % reconnaissent avoir déjà voté pour l'extrême gauche, 22 % supplémentaires n'excluent pas le votre trotskiste à l'avenir !
Tout cela est plutôt inquiétant...

Les libéraux en France
La voie choisie par le reste du monde, c’est celle d’un certain libéralisme qui rend ses libertés fondamentales à l’individu, qui le responsabilise et s’appuie sur son dynamisme pour animer la vie économique et sociale. Les échanges, la solidarité, la création de richesse ne fonctionnent que libérés de contraintes étatiques obsolètes, périmées. La France ne pourra pas faire exception longtemps.

C’est pourquoi les libéraux français ont un rôle majeur à jouer sur l’échiquier politique malgré leur image hélas dégradée par certains médias dans l’esprit des français. Pour cela, il est incontournable que les mouvements, associations, cercles et groupes épars de même sensibilité se coordonnent dans l’action. Tant que, libéraux, nous ne nous organiserons pas pour gagner les cœurs et les esprits, nos idées resteront une utopie exotique suspecte sans force de conviction pour la majorité des électeurs.

10:17 Écrit par Alternative Lib | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |