02/12/2003

Effarante Dilapidation de notre Fric : rapport électrique de Bruxelles sur EdF


A peine le dos tourné, le temps de courtes vacances, voilà que notre électricien national refait parler de lui. Dans notre social-démocratie, modèle unique, exception culturelle que le monde entier est censé nous envier, l’inspiration éditoriale ne se tarit jamais !

Après le scandale du CE d'EDF (Cf article plus bas), celui de la stratégie de développement à l’international qui s’est traduit par des achats massifs d’entreprises à travers le monde (notamment en Amérique du Sud), incohérents, mal ficelés et à des prix excessifs, le tout financé à crédit, celui enfin des retraites non provisionnées, nous apprenons que les services de la concurrence de la Commission Européenne, dirigés par l’excellent Mario Monti, seraient sur le point d’exiger près d’un milliard d’euros (6.5 milliards de FRF pour ceux que la conversion effraie) auprès d’EdF correspondant à l’avantage monumental du soutien financier total de l’Etat entre 1986 et 1997, avant l’ouverture de ses services à la concurrence.
Les services de la concurrence ne reprochent pas son statut EPIC (établissement public industriel et commercial) à EDF, mais le fait que l’Etat lui apporte des aides anti-concurrentielles, notamment le service de sa dette (gigantesque) qu’il garantit intégralement. Compte tenu du montant colossal de la dette, 24.5 milliards d’euros, l’avantage représente au bas mot 150 millions d’euros d’intérêts en moins par an. Certes, le montant aussi excessif de la dette ne date que de quelques années.

Mario Monti revient aussi sur l’absence de cotisation au système de retraite que devront éponger les salariés étrangers à l’entreprise publique, avantage significatif puisqu’il représente une charge évitée estimée à 45 milliards d’euros sur les 12 ans à venir.

Il aborde enfin un beau montant d’impôts dûs mais jamais payés par EdF à l’Etat .
Fraude fiscale caractérisée sauf que dans notre cas présent, c’est l’Etat qui l’a encouragée pour favoriser EdF au détriment, à nouveau, du contribuable !

L’Europe a du bon, quand elle ne s’occupe pas de légiférer sur la taille des bananes d’importation.


Pour rappel, depuis 1996, les « gros clients » (1 400 entreprises représentant 30 % de la consommation totale française) sont libres de choisir leur fournisseur. Il y a un an, 170 d’entre eux avaient déjà basculé à la concurrence, soit 14 % du marché total français.
Les clients non éligibles (notamment les particuliers) ne disposeront de cette liberté qu’en juillet 2004 (encore 8 mois !). Or, le résultat d’exploitation d’EdF est déjà faiblard malgré sa position de monopole ; et ce, au terme d’acrobaties comptables telles les reprise de provisions ou l’étalement d’amortissements lourds.
Autant dire que le choc du retour à la réalité va être rude pour l'un de nos trop nombreux enfants gâtés du secteur public.

Rappelons-nous enfin que le démantèlement des centrales nucléaires actuelles n’est toujours pas provisionné avant même de parler de la construction de nouvelles centrales en remplacement…
Autant dire qu’en prenant à sa charge le coût des retraites à venir des salariés d’EdF, en retirant la garantie d’Etat sur elle et en payant le montant exigé légitimement par Bruxelles, EdF est en faillite avec ses 50 000 salariés en trop (sur un total de 140 000 ! ! !) par comparaison avec ses concurrents de même envergure !

Ah, c’est beau les entreprises publiques rongées par la peste monopolistique…
Citoyens contribuables, tous à vos chéquiers !

14:11 Écrit par Alternative Lib | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

tu crois ... tu crois que le MR qui se veut liberal sera mieux pour nous petits pensionnés

Écrit par : aramis-dingo | 02/12/2003

Je sais ... Je sais que les petits pensionnés vont voir disparaître la sécu en faillite, vont voir disparaître les retraites dont le système sera bientôt en faillite, vont voir leurs enfants faire des études de plus en plus longues et de plus en plus médiocres à cause du corporatisme réactionnaire UNEFien, je sais que le chômage ne baissera plus parce qu'on érige d'immenses forteresses de protection autour des rares privilégiés qui ont un travail.

Je sais que notre modèle tombe en chute libre.

Écrit par : Aurel | 02/12/2003

Monde réel Bienvenu dans le monde réel.

Écrit par : Sylvain | 02/12/2003

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