09/12/2003

Service minimum : un minimum !


Notre pays, cette administratocratie que le monde entier nous envie, s’affirme à l’avant-garde dans l’approche préventive des risques, à commencer par la grève : nos étudiants font grève avant même qu’un projet les concernant ne soit discuté à l’Assemblée, nos cheminots choisissent de paralyser le pays pour une réforme des retraites qui ne les touche pas… selon le fameux principe de précaution.
Quelle prudence !
Quelle conscience également de la part d’employés de la fonction publique qui prennent tant à cœur leur rôle de " défense des intérêts des contribuables " qui les font vivre.
Et lorsque 75 à 85 % des contribuables souhaitent l’instauration d’un service minimum, ils se révèlent bien ingrats à l’égard de nos malheureux fonctionnaires contestataires si… altruistes.

En fait, nos grincheux de grévistes, faisant fi des droits élémentaires des citoyens, notamment celui de se déplacer pour aller travailler, abusent régulièrement du droit de grève pour des motifs de plus en plus fallacieux. Non seulement les 14 % de purs fonctionnaires dont l’emploi, l’avancement et la retraite sont garantis à vie sont à l’origine de 65 % des grèves, mais de surcroît, leurs grèves sont paralysantes, pénalisantes et coûteuses pour tous. Enfants gâtés d’un système qui va pourtant mal, leur mépris affiché pour le travail des autres est choquant. Il met en difficulté entreprises, professions libérales et salariés. Faillites et licenciements sont hélas le prix à payer pour ces caprices de privilégiés

Nous, libéraux, affichons notre plus profonde opposition à cette tyrannie corporatiste illégitime que nous entretenons avec nos impôts.

LA DEMOCRATIE NE DOIT PAS PERMETTRE PAS A UNE MINORITE DE PRENDRE LA MAJORITE EN OTAGE !


Lorsque l’écrasante majorité des français souhaite ardemment un service minimum dans les transports en commun depuis des années, lorsqu’une majorité élue s’est engagée dans ce sens dans son programme électoral, il est temps de respecter les règles fondamentales de la démocratie représentative. Le risque d’opposition dans la rue n’a rien de social, il est purement politique et relève d’une idéologie de la contestation systématique institutionnalisée

LE DROIT AU TRAVAIL
Il commence par le droit de se déplacer dans les transports publics pour lesquels des efforts considérables sont constamment demandés aux contribuables : en 2003, presque 7 milliards d’euros (45 milliards de FRF !) pour les seuls transports d’Ile de France ! On ne peut légitimement restreindre de manière drastique, autant matériellement (couloirs réservés, stationnement restreint) que financièrement (répression systématique et parfois excessive) l’accès aux modes de transport individuel et tolérer l’arrêt de transports collectifs devenus incontournables !
(et nous ne parlons pas des pics de pollution atteints ces jours de chaos cauchemardesques)

STATUT PRIVILEGIE PAR RAPPORT A NOS PARTENAIRES EUROPEENS
A l’heure où l’Europe prépare une nouvelle constitution, le statut privilégié de fonctionnaire devient une spécificité bien française : en Belgique, au Danemark, en Italie, aux Pays-Bas, en Finlande en Suède et au Royaume-Uni et en Irlande, les agents de la fonction publique ont un statut très proche de celui des salariés du secteur privé. Au Danemark, 80 % des agents publics ne sont pas fonctionnaires. Quant à l’Allemagne et l’Autriche, le droit de grève est tout simplement interdit aux fonctionnaires. Partout, des procédures de négociations mises en place sont respectées par une fonction publique plus respectueuse du peuple et de ses élus et qui ne recherche pas systématiquement la confrontation. Autant dire que la cas français du pouvoir suprême de la fonction publique est unique en son genre !
La loi s’impose tant qu’un statut aussi exceptionnel sera maintenu dans le fonction publique en France.

Au moment où notre ministre Gilles de Robien cède aux revendications syndicales toujours aussi dogmatiques et absolutistes, ne laissons pas notre Parlement, composé d’une majorité prête à légiférer, enregistrer la faiblesse d’un exécutif dépassé.

Exigeons la réforme du service minimum !



12:25 Écrit par Alternative Lib | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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