26/01/2004

Délocalisations, condition de notre croissance


Le taux de licenciements a beau être extrêmement faible en France, il ne diminue en rien le drame vécu par les licenciés qui se retrouvent exclus durablement (sinon définitivement) de leur ancienne forteresse surprotégée, celle des salariés. Dans leur malheur légitime, ils cherchent alors un coupable et ne le voient que dans ce mouvement de délocalisations due à la désindustrialisation inexorable que vivent nos pays post-industriels. Nos médias ne comprennent pas non plus cette tendance structurelle, ce qui les incite à amplifier les craintes spontanées de beaucoup de citoyens face à cette évolution difficile.

Or, les délocalisations sont dues à deux facteurs fondamentaux à mon sens :
1) la mondialisation permet à de nombreux pays en voie de développement de vivre leur révolution industrielle. Les salaires peu élevés y offrent une main d'oeuvre meilleur marché pour le travail peu qualifié. La production délocalisée de biens manufacturés se révèle ainsi bien plus avantageuse pour le consommateur occidental et offre des emplois localement bien rémunérés.
Résultat de cette révolution industrielle : flux massifs vers les villes, utilisation de nouvelles techniques fortement consommatrices d'énergie, travail à la chaine en usine...
Toutefois, grâce aux avancées technologiques et aux modes d'organisation du travail importés des pays avancés, ce processus s'effectue de manière accélérée, en brûlant les étapes. L'enrichissement des populations urbaines au travail augmente vite et l'émergence de classes moyennes bouleverse les modes de vie de ces pays. L'espérance de vie croît chaque année et le niveau d'éducation, véritable investissement de tout pays dans son avenir, augmente régulièrement.

2) de notre coté, notre consommation a considérablement évolué ces dernières décennies. La part de notre revenu consacré aux produits manufacturés diminue grâce à la baisse de leur coût de fabrication. Nous pouvons donc reditribuer la part résiduelle de plus en plus importante de nos revenus en services, c'est à dire dans notre consommation de santé (médecins, recherche, ...), de culture et loisirs (TV, cinéma, voyages, ...), de communication (internet, mobiles), de services financiers (retraite, épargne, investissements, crédits), d'éducation. Etc.


Donc la part de notre propre création de richesse (et accumulation de richesse) s'oriente de plus en plus vers l'économie tertiaire (services) et de moins en moins vers le secteur secondaire (produits manufacturés) ou primaire (malgré le protectionnisme génralisé des pays occidentaux qui maintient le prix des produits agricoles à un niveau élevé, freinant ainsi l'évolution de nos économies).

L'économie tertiaire crée par conséquent les emplois disparus dans l'économie secondaire.

L'échec partiel français réside dans les forces de frottement dues au poids des charges sociales, à la rigidité du droit du travail et à notre système d'enseignement inadapté aux besoins nouveaux de compétences. Ces forces freinent les embauches recquises par le secteur des services.
Par ailleurs, nous travaillons moins (chômage élevé, durée de carrière réduite et temps de travail en baisse (loi des 35 heures) et une partie des services publics coûte plus cher que la valeur économique de ses prestations, ce qui constitue une destruction nette de richesse.
Bref, nous créons moins de richesse dépensée ou épargnée.

Finalement, nous nous appauvrissons en travaillant moins, ce qui vient répondre aux carences du marché des services, ce qui signifie que nous entretenons doublement le chômage en France.

Tant que nous n'aurons pas compris que la désindustrialisation nous a permis de basculer d'une société industrielle dans laquelle l'achat de la voiture, de la machine à laver et du poste TV représentaient l'essentiel des revenus des ménages, à une société de services bien plus fondée sur la santé, l'éducation, la communication, les loisirs et la culture ET que ce basculement offre autant d'emplois nouveaux (sinon plus) que les emplois perdus, nous entretiendrons nos forces de frottement qui limitent les licenciements absolument indispensables pour libérer l'économie et favoriser cette évolution spontanément créatrice d'emplois.

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21/01/2004

Euro : la loi du plus fort n'est pas toujours la meilleure !


L’euro/dollar, après s’être envolé de plus de 20 % en 2003 (de 1.04 à 1.22), n’a pas vu la tendance s’infléchir en 2004 (presque 1.27 aujourd’hui). Une petite action d’achat de dollars de banques centrales accompagnée de timides commentaires d’inquiétude de notre BCE amorphe (notre banque centrale à nous, si fière de l'euro fort !) a permis une courte stabilisation de cette glissade continue du cours du dollar.
Malgré l’immense notoriété de son directeur (grâce aux affaires anciennes du Crédit Lyonnais), Monsieur Trichet, la crédibilité de notre banque européenne reste trop faible pour aller à l’encontre d’une tendance motivée par des fondamentaux économiques.

L’économie américaine se porte très bien pendant que la nôtre frôle la récession. Résultat : les yankees importent nos produits (ainsi que ceux de l’Asie) et exportent peu. Ces importations de leur part impliquent qu’ils vendent leur devise pour acheter de l’euro, devise dans laquelle sont libellés leurs produits importés. Est-ce clair ?

L’aspect surprenant de cet engrenage est que le dollar faiblit vite, mais pas aussi vite qu’il le devrait. En effet, face à ce déficit colossal de la balance commerciale américaine résultant de leur excellente santé économique, les japonais et les chinois achètent du dollar, freinant ainsi sa chute, afin d’acheter des obligations du trésor américain qu’ils considèrent comme le placement le plus sûr actuel : avec le déficit important du gouvernement Bush, il y a tout ce qu’il faut en boutique !

Bon, si tout cela vous apparaît limpide maintenant, comprenez le risque actuel. Si less investisseurs dans la dette américaine (ces fameuses obligations du trésor) décident de rapatrier leurs capitaux chez eux, le produit de la vente de leurs obligations, en dollars, sera convertie dans leur devise nationale. L'accélération de la baisse du dollar qui en résulterait renchérirait d’autant notre euro (un euro/dollar à 1.40 ou 1.50 ne serait alors pas surprenant, soit 10 à 20 % de dépréciation supplémentaire). Et la baisse obligataire signifierait une hausse mécanique des taux d’intérêt.

Imaginez le résultat sur l’Europe :
Euro fort = exportations plus difficiles (notre principal facteur de soutien de la croissance actuellement).
Taux d’intérêt plus élevé = frein à la consommation et, surtout, à l’investissement.

Autant dire que 2004 pourrait voir les pays européens à l'économie trop rigide (je ne cite aucun nom), si ce scénario se confirme, plonger dans une grave récession cette fois-ci, causée par l’arrêt complet leurs carnets de commandes. La France (je me trahis) pourra t-elle vendre des Airbus si leur prix remonte de 20 % par rapport aux Boeing ? Pourra t-elle vendre des TGV si les Coréens du Sud disposent de notre technologie et que notre devise s’apprécie trop vite ? Etc.

Cela ne fait que renforcer l’absolue nécessité, pour la France, de s’aligner sur la vague libérale qui traverse toute l’Europe : assouplissement et simplification sensibles du code du travail, notamment du droit des licenciements, réajustement du SMIC à un niveau plus réaliste, plus adapté, bref qui ne soit plus destructeur d’emplois…Espérons que nos nombreux économistes fonctionnaires ont bien en tête le risque qui pèse sur notre économie, tenue la tête hors de l’eau par notre capacité à exporter… tant que le prix est compétitif (donc l’euro pas trop fort).

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20/01/2004

La presse française nous oppresse


Notre ministre Aillagon va nous pondre un nouveau plan d’aide à la presse. En bref, encore du pognon tombé du CIEL (Contribuable Innocent Entubé avec Lubrifiant), une incitation (forcée) de notre jeunesse à lire la presse et d’autres mesures qui ont fait leurs preuves. Notre presse nationale, malheureusement, est d’une qualité déplorable et ce n’est pas demain qu’elle s’améliorera, surtout enfoncée dans sa médiocrité par un cautionnement de l’Etat. Foncièrement, comment expliquer cette médiocrité générale ? Il suffit d’observer la grande presse internationale : Washington Post, Financial Times, Wall Street Journal, New York Times, Herald Tribune,…

1 ) RESSOURCES FINANCIERES
Ces grands journaux s’appuient sur une clientèle considérable : 1.7 millions de numéros vendus chaque jourpour le New York Times, 2.6 millions pour le Wall Street Journal . Leur site internet est lu par plusieurs millions de lecteurs distincts chaque jour lors d’évènements importants. Leur structure leur permet de partager leurs ressources avec des quotidiens locaux ou étrangers faisant partie du même groupe, voire avec d’autres formes de médias.
2 ) RESSOURCES HUMAINES
Conséquence de cette puissance financière : 1000 journalistes pour le premier, 1600 pour le second ! Et le recrutement, fondé tant sur les salaires attractifs que sur la notoriété du journal, attire les meilleurs talents non seulement localement mais partout dans le monde. Un dossier sensible peut être couvert par 4 ou 5 journalistes aux compétences et à l’expérience complémentaires.
3 ) NOTORIETE
La notoriété indiscutable de ces quotidiens lus par des citoyens de tous les pays du monde leur permet un accès privilégié aux dirigeants ainsi qu’aux individus ou institutions au cœur de l’information. C’est particulièrement patent dans le domaine de la politique internationale qui exige un réseau considérable de compétences reconnues.
4 ) ETHIQUE
Une très grande différence entre la grande presse anglo-saxone traditionnelle (ne parlons pas des tabloïds britanniques, aussi sinistres qu’engagés et orientés) et la presse française repose sur l’éthique des journalistes. Sans revenir sur La face cachée du Monde, il s’avère manifeste que chacun de nos quotidiens défend une ligne éditoriale engagée, quitte à présenter des faits sous un angle qui en modifie le fond. Les attaques quotidiennes du Monde contre les forces de la coalition en Irak ont bien mis en évidence la volonté de n’évoquer que les échecs, les difficultés, tout ce qui permettrait d’entretenir cette "pensée unique " franco-française, arc-boutée par tous les moyens contre ce déboulonnage de l’une des pires dictatures au monde. Cet anti-américanisme violent, l’anti-sionisme permanent du Monde, son pro-syndicalisme confinent le plus souvent à du militantisme politique tant l’information est déviée, arrangée.

 Nos quotidiens sont-ils médiocres parce qu’ils n’ont pas les moyens d’investir dans un réseau suffisamment étoffé de journalistes de qualité ? Sur le plan international, c’est clairement une faiblesse. Certainement que des rapprochements avec de grands groupes étrangers rendraient possible l’acquisition d’une telle force de frappe journalistique, prix à payer pour acquérir une certaine notoriété sur le plan mondial. Un journal francophone comme le Monde ne pourra viser une envergure internationale véritable sans être traduit en anglais et complété par les ressources complémentaires d’un autre grand quotidien.

Au-delà des ressources matérielles et humaines, la clef de voûte du journalisme, c’est l’éthique. Notre tradition française de journalisme éditorial n’est plus satisfaisante car elle n’offre que très peu d’analyses construites, neutres et suffisamment approfondies. La première source d’information se réduit souvent aux conférences de presse des ministères et des syndicats. Nos journalistes de salon vont devoir, s’ils veulent regagner l’estime des lecteurs, quitter leur bureau et aller au contact des évènements, au fond des dossiers, à l’écoute des professionnels et de leurs analyses argumentées et chiffrées.

Bref, de nouvelles subventions ne viendront qu’alimenter une presse sans ambition, désavouée par les français qui se tournent vers les quotidiens gratuits : la même qualité d’informations sans les opinions du journal en exagérant un peu.

Mais après tout, on a la presse qu’on mérite.


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19/01/2004

Enseignement Supérieur : immense gâchis !


L’enseignement supérieur est-il un bien collectif ou purement personnel ? Est-ce aux contribuables de financer collectivement les études supérieures ou bien est-ce aux étudiants de les payer avec leurs propres deniers?
La réponse se trouve entre les deux, mais un constat effectué dans de nombreux pays industrialisés pousse la réponse vers la deuxième option. Pour des raisons d’efficacité car le niveau des études gratuites se révèle nettement insuffisant pour ne pas dire médiocre et le principe de la gratuité n’y est pas étranger. Pour des raisons éthiques car il n’y a pas de raison pour que celui dont la carrière sera propulsée par un diplôme ne contribue pas à son coût par un endettement remboursable plus tard.

1) Un système à deux vitesses permet aux plus motivés (et souvent aux plus favorisés sur le plan social) l’accès à des diplômes valorisés, autonomes, chers et sélectifs et qui offrent les meilleurs débouchés : les grandes écoles. Les autres élèves, très grande majorité, se reportent sur le cursus universitaire à la qualité d’enseignement médiocre, au fort taux d’échec et, pour ceux qui vont jusqu’au bout, aboutissant à un taux de chômage élevé et un profil d’emploi nettement inférieur aux attentes.
2) L’absence de sélection à l’entrée et de participation financière des étudiants participent au taux d’échec élevé : les élèves sont aussi peu motivés que peu impliqués. Bref, si le coût d’une année d’études en université n’atteint que la moitié de celui d’une année en grande école, le taux d’échec important et la faible valorisation du diplôme final font de l’université française la source d’un gigantesque gâchis d’abord financier mais aussi humain. Le coût du système se répercute sur le contribuable contraint de participer, il pèse aussi sur les étudiants dont la plupart quitteront l’université sans diplôme et dont les autres n’en retireront aucun avantage significatif pour leur carrière.
3) Enfin, une proportion non négligeable de nos étudiants quitte le territoire et s’expatrie, soit pour prolonger/compléter un cursus, soit pour travailler à l’étranger, notamment dans le domaine de la recherche. Les destinations qui viennent en premier sont les Etats-Unis puis le Royaume Uni. Viennent ensuite, loin derrière, le Canada, l’Espagne, l’Allemagne et l’Espagne. Lorsqu’on sait qu’un diplômé du supérieur a coûté entre 120 et 160 000 euros à la collectivité, on comprend mieux pourquoi le système français est vicié.

Les réponses choisies par nombre de pays pour lutter contre la paupérisation de leur enseignement supérieur se ressemblent partout et commencent à avoir fait la preuve de leur efficacité.
Cela passe d’abord par l’autonomie des établissements dans les domaines suivants :
1) gestion du personnel enseignant : les professeurs sont embauchés à des conditions individualisées et négociées renouvelables annuellement
2) partenariats avec des entreprises, notamment dans le domaine de la recherche,
3 ) gestion de leur budget, de leur recherche de sponsors
4) alliances et regroupement avec d’autres établissements, étrangers notamment
5) conditions d’entrée des élèves : sélection à l’entrée (sur dossier, entretiens de motivation), montant des droits universitaires.

Conséquences immédiates pour l’université :
1) Une vraie concurrence entre établissements grâce au regroupements et à une politique de recrutement de professeurs, qui stimulerait la recherche du meilleur diplôme selon des critères concernant les débouchés immédiats et l’évolution de carrière (profil de poste, salaire …)
2) Une réelle implication des élèves, tant dans leur motivation pour intégrer un cursus que dans leur participation financière, n’a rien de choquant. Après tout, le revenu attendu supérieur à la moyenne lui permettra de rembourser le crédit obtenu, le cas échéant, pour financer ses études. Le système actuel, au contraire, paraît véritablement une aberration.

Si l’évocation d’un minimum de droits universitaires de deux ou trois mille euros par an choque toujours nombre de français, c’est essentiellement dû à un discours bien-pensant de nos élites dont les enfants, eux, choisissent des voies beaucoup plus royales que notre médiocre université française. Encore une fois, ce sont les classes défavorisées et les classes moyennes qui payent le prix de cette déliquescence de notre système universitaire. Le résultat de cette rigidité propre à notre système universitaire, c’est qu’elle est n’enrichit plus le pays, ni en terme de connaissances ou de techniques exploitables par nos entreprises, ni dans le domaine de la recherche qui continue à connaître un exode massif vers les pays anglo-saxons. Dans le même temps, elle coûte aux contribuables presque le quart du budget de l’éducation nationale, à peu près 5 % du budget de l’Etat.

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14/01/2004

Encore une loi attentatoire aux libertés individuelles !


Un projet de loi pour la confiance dans l'économie numérique (LCEN) a été déposée le 15 janvier 2003 et adoptée avec quelques amendements discrets mais fort dangereux le 8 janvier 2004. Ce texte est le fondateur du droit de l'Internet en France en établissant les responsabilités des différents acteurs du web.

Le régime juridique applicable à l'internet est dorénavant autonome de celui de l'audiovisuel.

Les personnes physiques ou morales qui assurent le stockage, pour mise à disposition du public, de signaux, d’écrits, d’images, de sons ou de messages ne peuvent pas voir leur responsabilité civile engagée du fait de la diffusion d’informations ou d’activités si elle n’avaient pas effectivement connaissance de leur caractère illicite. Par contre, dès qu'est portée à leur connaissance de tels données illicites, elles ont l'obligation de les retirer et de rendre leur accès impossible.

Si le texte refuse d’imposer aux hébergeurs ou aux fournisseurs d’accès une obligation générale de surveiller les informations qu’ils transmettent ou stockent, il leur impose de mettre en œuvre les moyens, "conformes à l’état de l’art pour empêcher la diffusion de données constitutives d'infraction". Définition floue qui pourrait rendre ces FAI responsables des contenus hébergés.
Or, en l'état des choses, il est impensable qu'ils filtrent sites personnels, forums,... Une forte inquiétude est née chez les FAI.

D'autres mesures, elles intéressantes et à l'origine du projet de loi, visent à sécuriser les transactions, à lutter contre le spamming et ouvrent la possibilité, pour les élections professionnelles du secteur privé, d’instaurer un vote électronique à distance ou par l’intermédiaire d’un kiosque à voter ou, pour le secteur public, de voter par voie électronique pour les élections au sein des commissions administratives paritaires et les comités techniques paritaires du service public.

Le plus grave est dû à un sous-amendement de dernière minute déposé par Patrick Ollier (UMP !) qui retire les courriers électroniques de la définition légale de correspondance privée. Les députés de la majorité semblent avoir souhaité laisser à la justice civile le soin de définir si oui ou non l’e-mail bénéficie de protections identiques à celles du courrier. Si elle est conforme à la définition d'une directive européenne qui omet aussi cette précision, l'objectif de cette mesure est de lutter contre le piratage en ôtant le secret de ces échanges de fichiers. Vos e-mails que vous imaginiez privès se retrouvent donc dorénavant publics !

Un immense merci à Patrick Ollier !!!
N'hésitez pas à le joindre pour plus d'explications : pollier@assemblee-nationale.fr

Pétition pour ceux que ces mesures choquent : Association des Fournisseurs d'Accès

19:14 Écrit par Alternative Lib | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

09/01/2004

Boudarel, j'irai cracher sur ta tombe !


Le 26 décembre dernier disparaissait enfin un stalinien meurtrier, un ancien professeur à Paris VII : Georges Boudarel. Ce n’était pas trop tôt.


UTOPIE, QUAND TU NOUS TIENS !
Ce licencié en philosophie est envoyé en Indochine en 1948 par le PCF. Communiste orthodoxe, nommé commissaire politique, on lui confie le camp 113 où il est chargé de l’encadrement politique des prisonniers… français. Car cet homme, s’il n’a jamais combattu, est prêt à faire torturer ou exécuter ceux qui ne suivent pas son enseignement avec la plus grande rigueur.

LA VIE AU GRAND AIR
Si la vie est rude dans les rangs de la guérilla comme le Monde nous le rappelle, presque avec émotion et dans un style très fleur bleue, la vie des prisonniers est cauchemardesque : le taux de mortalité, dans des conditions atroces, atteint 50 %. Marches forcées dans la jungle de prisonniers aux allures de zombies auxquelles bon nombre ne survivra pas, sévices et actes de torture (fausse libération d’hommes moribonds, enseignement imposé dans des conditions épouvantables …) : voir document

MOBILITE INTERNE
Déçus par les excès du régime (dans quel sens, on se le demande : manque d’orthodoxie), il fuit à Prague, capitale d’un autre pays communiste, avec l’aide du PCF (Cf lettre) et d’un journaliste de l’Humanité (encore un humaniste !).

RETOUR AU PAYS AIME
Au cours de l’amnistie de 1966 concernant la guerre d’Algérie, les communistes font étendre cette grâce aux crimes et délits " commis en liaisson avec les évènements consécutifs à l’insurrection vietnamienne ". Revenu en France en toute discrétion avec un tel CV, on lui confie un poste au CNRS. Il devient maître assistant à Paris VII quelques années plus tard.

LE COMMUNISME N’EST PAS UN CRIME, C’EST BIEN CONNU
En 1991 au cours d’un colloque au Sénat sur le Vietnam (tiens !), Boudarel est reconnu par Jean-Jacques Beucler qui, au nom d’anciens prisonniers comme lui, lui exprime " son plus profond mépris ". " Vous avez du sang sur les mains. Votre présence à cette tribune est indécente", ajoute l'ancien secrétaire d'Etat à la défense.
Les survivants du camp 113 lui intentent un procès pour crimes contre l’humanité, par définition imprescriptibles.
Assailli de témoignages accablants, il renie le stalinisme, il regrette dans le plus pur style d’auto-critique, c’est à dire dans la manipulation de l’opinion d’autrui sur soi.
Petite note en passant : le ministre de l’Education Nationale de l’époque le défend à l’assemblée au démarrage de l’affaire : quand un trotskiste, Jospin, défend un stalinien, cela mérite le respect…
Deux ans plus tard, les plaignants sont déboutés : les crimes de Boudarel ne sont pas qualifiables de crimes contre l’humanité et s’avèrent donc prescrits. Fin de l’affaire.

Devoir de mémoire
La vie est belle.

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02/01/2004

Happy New Year !


L'année 2003 a été celle des records :

  • déficits publics (4.2 % du PIB, soit 65 milliards d'euros = 426 milliards de FRF !) qui viennent alimenter une dette importante (plus de 60 % du PIB, soit 928 milliards d'euros, plus de 6 000 milliards de FRF ! Cela signifie que chacun de nos 26.5 millions d'actifs porte une dette de plus de 225 000 FRF tenue par l'Etat). Mais il faut bien payer le quart des actifs qui travaille pour le compte de l’Etat, pour notre " bien-être à tous ".
  • déficits de nos comptes sociaux (presque 8 milliards d’euros, soit 52 milliards de FRF pour la sécu, 5.2 milliards d ‘euros ou plutôt 34 milliards de FRF pour l’UNEDIC…). Le régime des retraites reste, après la réformette de cet été, potentiellement menacée. Globalement, dans le langage d’une entreprise, cela s’appelle une faillite pure et simple.
  • un taux de chômage qui remonte vers les 10 % pendant que le reste du monde voit le sien diminuer.
  • un système universitaire inadapté à notre monde en mutation permanente et qui n'arrive pas à évoluer vers la qualité attendue d’une telle institution (autonomie, harmonisation).
  • un contrôle des libertés individuelles de plus en plus strict, de nos consommations " à risque " (tabac, alcool) à nos convictions religieuses en passant par notre vitesse de conduite sur route (130 000 flashs depuis l’arrivée des nouveaux radar, dont l'essentiel sur autoroutes, réputées pour leur très faible taux accidentogène). A quand l’interdictions des activités sportives ou de loisir à risque ?
Notre baisse de l’impôt sur le revenu dissimule des hausses d’autres taxes, le tout sans toucher à un poil de notre mammouth public, ni dans ses effectifs, ni dans son fonctionnement. Les lois continuent à proliférer, à se compliquer. Les hommes politiques viennent toujours de l’administration avant d’y retourner paisiblement une fois les dégâts commis.

Nos 2 millions de français expatriés voient leurs rangs s'étoffer chaque année, flot encouragé par le caractère étriqué, encadré, contrôlé de notre modèle "d'exception culturelle".
75 % des jeunes a une bonne image du libéralisme (pourtant totalement inconnu chez nous).
59 % d’entre eux juge aussi que la mondialisation présente des avantages (que plus de 65 % considère positivement).
Il faut dire que le quart de nos jeunes se trouve au chômage et assiste aux caprices de nos fonctionnaires gâtés, protégés sinon encouragés par nos politiques issus de leurs rangs.
L’avenir des jeunes est… ailleurs.

Pour 2004, je souhaite à la France un grand choc libéral qui la remette sur les rails de l'ambition individuelle, du succès, de la réussite.
Je souhaite aux entreprises de ne plus subir le carcan malsain actuel d’un droit du travail obsolète, ni les charges effarantes d’un système social moribond.
Je souhaite aux citoyens défavorisés de trouver du travail facilement plutôt que d’êtres suspendus à une aide sociale inhibante qui les enferme dans une exclusion durable.
Je souhaite aux plus favorisés, locomotives de notre nation, de ne plus se voir ponctionner l’essentiel de leur création de richesse pour satisfaire l’appétit insatiable d’un Etat que l’inadaptation aux réalités rend presque criminel.
Je souhaite voir la naissance d’un système de santé concurrentiel, efficace, responsabilisant, garantie de survie de notre système de qualité et accessible à tous.
Je souhaite aux jeunes de voir la naissance d’une université libre et autonome, sélective et un peu plus coûteuse afin qu’elle puisse leur offrir un diplôme " utile ", valorisé, et qu’elle participe à un renouveau de la recherche en partenariat avec les entreprises.
Je souhaite à notre univers culturel une rupture avec son état de corruption actuelle entretenue par un Etat dépensier, des statuts privilégiés injustifiés, certes agréables pour ceux qui en bénéficient, mais à l’origine de sa médiocrité actuelle.
Je souhaite à notre pays de faire confiance à ses individus, en leur énergie créatrice, en revenant sur nombre de lois encadrant leurs libertés élémentaires et en stoppant cette politique permanente de "solidarité collective" imposée qui aboutit à la ruine morale, sociale et financière du pays.
La social-démocratie n’a plus d’avenir dans un monde ouvert et concurrentiel. Ce sont les défavorisés qui en payent le prix aujourd’hui, les autres ne le payeront que demain.

Aussi, je souhaite que le choc des régionales de 2004 (que je vous laisse deviner) fera enfin comprendre à la droite que la vision figée de la France entretenue par Chirac, périmée, la mènera à l’échec malgré l’inexistence d’une opposition cohérente.

19:23 Écrit par Alternative Lib | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |