11/02/2004

Europe : mille milliards de mille sabords !!! (ou d'euros ?)


Les négociations entre la commission européenne, composée de hauts fonctionnaires non élus, et les pays membres démarrent pour définir le budget 2007-2013 qu'il faudra fixer définitivement en juin 2005. La durée de ce budget peut paraître longue, mais elle s'explique par son objet qui est de financer de lourds investissements en infrastructures (train, routes), en recherche, en politique extérieure, en aide à l'enseignement, à la santé...
Ces dures discussions tournent autant autour du montant levé et du contenu financé. Surtout que si peu de cohésion existe entre les quinze états membres actuels, l’arrivée de dix nouveaux membres en mai prochain devrait encore plus déstabiliser l’ensemble.
Au regard des fâcheries passées entre la France et les pays d’Europe de l’Est au moment de la guerre en Irak, et du refus des nouveaux entrants de modifier leur poids respectif au sein du Parlement, l’ambiance ne pousse pas à resserrer les rangs.

Le moment choisi par la Commission Européenne pour tenter le passage en force est peut-être le plus approprié pour forcer les actuels et futurs Etats membres à négocier : redistribution financière contre rectification du poids de vote. Quand on vous dit que tout s’achète !

Passons au chiffre qui fâche : 1 000 milliards d’euros sur 7 ans, soit 1.27 % du PIB de chaque Etat membre (soit 2,3 % de l’ensemble de nos impôts et charges !).
Là-dessus, l’Allemagne, plus gros contributeur net mais aussi en pleine cure d’austérité et de réformes nationales douloureuses pour préserver son système social généreux et redresser son économie, veut limiter l’effet redistributif qu’elle juge aujourd’hui excessif.
La France s’est assuré le maintien de la très protectionniste PAC jusqu’en 2013, ce qui en fera jusque là un contributeur net quasiment nul : elle reçoit ce qu’elle verse à l’Europe. Elle est donc prête à beaucoup pour garder le leadership de l’Europe (en partenariat avec une Allemagne muette) qu’elle s’imagine déjà tenir aujourd’hui.
Le Royaume Uni, toujours pragmatique, ne comprend pas comment des hauts fonctionnaires non élus pourraient les forcer à financer des actions qu’elle sait par expérience mieux gérées au plus proche des citoyens et, en général, par des entreprises privées plutôt que par les pouvoirs publics (qui plus est, par de purs fonctionnaires qui n’ont pas grand sens des réalités).

On le voit, les discussions engagées vont être tendues. Leur forte dimension politique fera plus de cet argent des contribuables une arme de négociation que de véritables investissements productifs. Plus particulièrement quand on pense à nos dirigeants politiques français, toujours prompts à ouvrir le portefeuille des autres pour satisfaire leur propre égo « au service de l’histoire », on peut douter .

L’Europe du XXIeme siècle, remake des Tontons Flingueurs !

10:23 Écrit par Alternative Lib | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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