18/02/2004

Nous avons trouvé les chercheurs qui n'ont rien trouvé !


Nous avons pu suivre la grande pétition pour sauver la recherche, soi-disant financièrement asphyxiée (alors que la France dépense déjà 2,2 fois plus que la Grande Bretagne !). Et voilà qu’un heureux hasard fait paraître un rapport de l’Inspection des Finances accablant pour le « fleuron de la recherche française », le CNRS.

L'audit, réalisé entre juin et décembre 2003, met en évidence une "mauvaise répartition des moyens, des doublons, une absence de contrôles, un statut rigide des chercheurs et, surtout, une direction qui ne dirige pas grand chose", indiquait l'Express qui a publié la synthèse du rapport. Contacté par l'AFP, le ministère de l'Economie n'a pas souhaité faire de commentaires.

A ce jour, nos 11.400 chercheurs et 13.600 ingénieurs, techniciens et administratifs, tous inamovibles (MAIS syndiqués), représentent un budget annuel de 2,5 milliards d'euros (le quart du budget de la recherche française).

Dans une pure logique de reconduction budgétaire, propre à nos administrations, la performance des laboratoires n’est absolument pas prise en compte. D’ailleurs, comment le pourrait-elle en l’absence d’évaluations et de comptabilité analytique ? Pire, la stratégie vise à renforcer les unités médiocres, dans l’espoir qu’elles se « réinsèrent dans une dynamique vertueuse ».

Aux doublons au sein du CNRS s’ajoute l’absence de direction et de stratégie, un poids syndical notable (toujours positif).
L’emploi à vie et le mode de recrutement sans sélection rigoureuse et exigeante, le profil franco-essentiellement français des 11.400 chercheurs du CNRS expliquent l’ambiance un peu « hors du temps » de cette vaste institution totalement improductive. Les chefs de service sont démotivés et l’orientation marquée pour des domaines qui ne présentent pas de caractère utile à terme font du CNRS une sorte de patronage social de nos étudiants incasables aux frais du contribuable bien plus qu’un véritable modèle de performance.

Sans chercher bien loin, la première mesure efficace pour remettre la recherche sur les rails, c’est de dissoudre ce CNRS et de renforcer par les moyens récupérés des départements de recherche universitaires scientifiques et technologiques tout en leur octroyant une totale autonomie dans leurs partenariats, sponsorings, tarifications des études, regroupements, embauches et licenciements de leur personnel enseignant. Car ce n’est pas tant une question de montant que d’efficacité et d’attractivité qui est au cœur du problème, certes réel, auquel nous sommes confrontés.
Si l’investissement privé dans la recherche est trop limité parce que le support public n’est pas satisfaisant. Seul cet assainissement drastique fera revenir l’argent privé dans cet investissement pour l’avenir.
Si nos meilleurs chercheurs partent jeunes à l’étranger (entre 15 000 et 20 000 dont plus de la moitié aux Etats-Unis, plus du tiers en Europe), leurs motifs sont exposés dans toutes les études sur le sujet : meilleurs budgets, meilleures équipes, motivées et flexibles, et objectifs à la fois plus concrets et plus ambitieux.

18:04 Écrit par Alternative Lib | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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