26/02/2004

La gauche en ordre de bataille


A défaut d'avoir des idées, la gauche sait attaquer celles des autres.
Après nous avoir joué la carte du monopole du coeur, qui nous a mené à un chômage permanent et une exclusion généralisée, elle avance aujourd'hui celle de l'intelligence. Je crains le pire...

En effet, la politique traditionnelle de l'exception culturelle a profondément affaibli la création en France.
Le maintien de la centralisation de l'enseignement a totalement paupérisé notre université, devenue boite (souvent sordide) à chômeurs.
La fonctionnarisation de la recherche a dilapidé notre patrimoine de cerveaux par la fuite des uns et l'anesthésie des autres.

Et voilà que parallèlement à une grande pétition intitulée "la guerre à l'intelligence" relayée par une presse au service du parti et aux très violentes agressions commises par des intermittents contre la création depuis l'été des festivals 2003 et, plus récemment, contre notre ministre de la culture, nous voyons naître une polémique sur le jury de l'agrégation d'économie. Ces attaques dissimuleraient-elles un assaut coordonné contre une droite pourtant très modéremment libérale ?

Pendant des années, les jurys fortement marqués à gauche se sont succédés sans que personne ne puisse (ni ne se permette de) contester leurs valeurs ou leurs sanctions. Mises, Hayek, Friedman, le philosophe (Tu vois, Mélo, je corrige) Nozick et bien d'autres postérieurs à Marx (allez, soyons justes : à Keynes), ne trouvaient nulle part de place, ni dans les cours, nidans la recherche macro-économique.
D'ailleurs, cette impasse explique bien la méconnaissance profonde des réalités économiques fondamentales en France, méconnaissance entretenue par la classe auto-entretenue d'enseignants de sciences économiques figés sur Le Capital et La Théorie Générale de l'intérêt et de la monnaie. Il suffit d'écouter les hommes politiques, de lire notre presse nationale ou d'aller voir les livres sur les sujets économiques proposés par nos grands libraires pour confirmer que les concepts derrière le chômage, la mondialisation ou d'autres grands sujets, sont absolument incompris. Les inepties sont tellement grossières qu'on se demande parfois si elles ne relèvent que de l'incompétence.

Au-delà de l'absurdité du principe d'agrégation en économie, que peut-on reprocher au jury présidé par un éminent économiste, professeur de l'une de nos plus prestigieuses universités dans le domaine économique : Dauphine ? Manifestement, nous ne touchons plus au domaine de la raison mais à celui de la haine de la part d'une idéologie socialiste moribonde et condamnée par les faits.
La mondialisation est libérale, l'économie est naturellement libérale, les fondements politiques de la civilisation occidentale sont libéraux, l'éthique humaniste est libérale. Ceci doit expliquer cela. Les derniers dinosaures du siècle des Etats carnassiers sont en train de disparaître dans un dernier sursaut contestataire.

11:29 Écrit par Alternative Lib | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

18/02/2004

Nous avons trouvé les chercheurs qui n'ont rien trouvé !


Nous avons pu suivre la grande pétition pour sauver la recherche, soi-disant financièrement asphyxiée (alors que la France dépense déjà 2,2 fois plus que la Grande Bretagne !). Et voilà qu’un heureux hasard fait paraître un rapport de l’Inspection des Finances accablant pour le « fleuron de la recherche française », le CNRS.

L'audit, réalisé entre juin et décembre 2003, met en évidence une "mauvaise répartition des moyens, des doublons, une absence de contrôles, un statut rigide des chercheurs et, surtout, une direction qui ne dirige pas grand chose", indiquait l'Express qui a publié la synthèse du rapport. Contacté par l'AFP, le ministère de l'Economie n'a pas souhaité faire de commentaires.

A ce jour, nos 11.400 chercheurs et 13.600 ingénieurs, techniciens et administratifs, tous inamovibles (MAIS syndiqués), représentent un budget annuel de 2,5 milliards d'euros (le quart du budget de la recherche française).

Dans une pure logique de reconduction budgétaire, propre à nos administrations, la performance des laboratoires n’est absolument pas prise en compte. D’ailleurs, comment le pourrait-elle en l’absence d’évaluations et de comptabilité analytique ? Pire, la stratégie vise à renforcer les unités médiocres, dans l’espoir qu’elles se « réinsèrent dans une dynamique vertueuse ».

Aux doublons au sein du CNRS s’ajoute l’absence de direction et de stratégie, un poids syndical notable (toujours positif).
L’emploi à vie et le mode de recrutement sans sélection rigoureuse et exigeante, le profil franco-essentiellement français des 11.400 chercheurs du CNRS expliquent l’ambiance un peu « hors du temps » de cette vaste institution totalement improductive. Les chefs de service sont démotivés et l’orientation marquée pour des domaines qui ne présentent pas de caractère utile à terme font du CNRS une sorte de patronage social de nos étudiants incasables aux frais du contribuable bien plus qu’un véritable modèle de performance.

Sans chercher bien loin, la première mesure efficace pour remettre la recherche sur les rails, c’est de dissoudre ce CNRS et de renforcer par les moyens récupérés des départements de recherche universitaires scientifiques et technologiques tout en leur octroyant une totale autonomie dans leurs partenariats, sponsorings, tarifications des études, regroupements, embauches et licenciements de leur personnel enseignant. Car ce n’est pas tant une question de montant que d’efficacité et d’attractivité qui est au cœur du problème, certes réel, auquel nous sommes confrontés.
Si l’investissement privé dans la recherche est trop limité parce que le support public n’est pas satisfaisant. Seul cet assainissement drastique fera revenir l’argent privé dans cet investissement pour l’avenir.
Si nos meilleurs chercheurs partent jeunes à l’étranger (entre 15 000 et 20 000 dont plus de la moitié aux Etats-Unis, plus du tiers en Europe), leurs motifs sont exposés dans toutes les études sur le sujet : meilleurs budgets, meilleures équipes, motivées et flexibles, et objectifs à la fois plus concrets et plus ambitieux.

18:04 Écrit par Alternative Lib | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

11/02/2004

Europe : mille milliards de mille sabords !!! (ou d'euros ?)


Les négociations entre la commission européenne, composée de hauts fonctionnaires non élus, et les pays membres démarrent pour définir le budget 2007-2013 qu'il faudra fixer définitivement en juin 2005. La durée de ce budget peut paraître longue, mais elle s'explique par son objet qui est de financer de lourds investissements en infrastructures (train, routes), en recherche, en politique extérieure, en aide à l'enseignement, à la santé...
Ces dures discussions tournent autant autour du montant levé et du contenu financé. Surtout que si peu de cohésion existe entre les quinze états membres actuels, l’arrivée de dix nouveaux membres en mai prochain devrait encore plus déstabiliser l’ensemble.
Au regard des fâcheries passées entre la France et les pays d’Europe de l’Est au moment de la guerre en Irak, et du refus des nouveaux entrants de modifier leur poids respectif au sein du Parlement, l’ambiance ne pousse pas à resserrer les rangs.

Le moment choisi par la Commission Européenne pour tenter le passage en force est peut-être le plus approprié pour forcer les actuels et futurs Etats membres à négocier : redistribution financière contre rectification du poids de vote. Quand on vous dit que tout s’achète !

Passons au chiffre qui fâche : 1 000 milliards d’euros sur 7 ans, soit 1.27 % du PIB de chaque Etat membre (soit 2,3 % de l’ensemble de nos impôts et charges !).
Là-dessus, l’Allemagne, plus gros contributeur net mais aussi en pleine cure d’austérité et de réformes nationales douloureuses pour préserver son système social généreux et redresser son économie, veut limiter l’effet redistributif qu’elle juge aujourd’hui excessif.
La France s’est assuré le maintien de la très protectionniste PAC jusqu’en 2013, ce qui en fera jusque là un contributeur net quasiment nul : elle reçoit ce qu’elle verse à l’Europe. Elle est donc prête à beaucoup pour garder le leadership de l’Europe (en partenariat avec une Allemagne muette) qu’elle s’imagine déjà tenir aujourd’hui.
Le Royaume Uni, toujours pragmatique, ne comprend pas comment des hauts fonctionnaires non élus pourraient les forcer à financer des actions qu’elle sait par expérience mieux gérées au plus proche des citoyens et, en général, par des entreprises privées plutôt que par les pouvoirs publics (qui plus est, par de purs fonctionnaires qui n’ont pas grand sens des réalités).

On le voit, les discussions engagées vont être tendues. Leur forte dimension politique fera plus de cet argent des contribuables une arme de négociation que de véritables investissements productifs. Plus particulièrement quand on pense à nos dirigeants politiques français, toujours prompts à ouvrir le portefeuille des autres pour satisfaire leur propre égo « au service de l’histoire », on peut douter .

L’Europe du XXIeme siècle, remake des Tontons Flingueurs !

10:23 Écrit par Alternative Lib | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

02/02/2004

Juppé sort, une chance pour l'UMP ?


La perte attendue de Juppé, le plus fidèle des fidèles, le dauphin présumé de Chirac, place l'UMP au bord d'une crise qui constitue une réelle opportunité de changement structurel. Alors laissons-nous aller à un petit excès d'optimisme avant que Debré, Douste-Blazy et Sarkozy ne se disputent le bâton de maréchal.

UNION MONOLITHIQUE PRIVEE
Aujourd'hui, toutes les décisions s'y prennent d'en haut (de tout en haut, suivez mon regard) : ligne générale, projets à présenter au gouvernement, argumentaires "en kit"...et composition du parti, de ses listes, toutes ses listes jusqu'à la plus petite liste locale. C'est finalement une structure typiquement administrative, aussi rigide que pyramidale. Les militants, eux, n'ont aucun rôle sinon d'applaudir les stars du système auto-alimenté, ce petit club aristocratique d'ENArques patentés. L'idée de primaires n'est même pas abordée au sein des instances dirigeantes, bien plus compétentes que les simples militants, abrutis par des tracts remplis d'inepties mais vides de contenu.

UNITE MONOPOLISTIQUE PARISIENNE
Certes, comme dans toute structure importante, riche et puissante, les têtes montantes mènent une lutte à mort pour le pouvoir. En soi, ce processus permanent ne diffère que très peu du fonctionnement d'une entreprise si ce n'est qu'ici, le consommateur-électeur est captif (« Vive l’union ! », fabuleux slogan pour éliminer débats et concurrents) et qu'aucun critère de performance n'est pris en compte dans le choix de la structure d'encadrement. Pour exemple, Patrick Stefanini, qui dirige l'UMP Paris d'une main de fer et sans aucun charisme (ni talent), n'a aucun mandat ! Comment un politique désavoué par les électeurs peut-il diriger l'un des secteurs les plus importants du pays ? D'ailleurs, Paris n'est plus aux mains de la droite depuis les dernières municipales, malgré un électorat conquis à la cause Chiraquienne.

NOUVEAU PARTI : NI XENOPHOBE, NI COMMUNISTE MAIS LIBERAL ?
Ce qui est beaucoup plus grave, c'est que nos scrutins sont taillés sur mesure pour exclure les petits partis, ce qui rend la tâche des nouveaux d'autant plus difficile.
Le FN, malgré ses 15-18 % après 20 ans de développement continu, ne dispose d'aucun député au parlement. A droite, la fragile UDF contestataire, sorte de coquille de la pensée vide, capte les quelques voix encore hésitantes entre l'UMP et l'abstention. Bref, un monopole s’impose progressivement, doté de finances généreuses et d'un accès permanent aux médias et qui n'a à priori aucune chance de se voir détrôné par un parti émergent.
De là naissent deux conceptions concernant la possibilité de voir émerger un nouveau parti proprement libéral. La première voit un tel nouveau parti condamné d'avance dans un paysage politique verrouillé ; l'autre considère au contraire que l'émergence de LO-LCR prouve qu'il existe bien une place à coté de grands partis historiques moribonds.
Mais l'existence politique propre à ces structures trotskistes fusionnées repose sur un travail de terrain considérable, organisé et structuré par une tête légitime. Ce mode de développement exige de s’affirmer par la contestation ferme de la droite actuelle et, surtout, de voir s’investir dans cette aventure un ensemble de personnalités marquantes, percutantes et dotées de vrais talents oratoires. Il est probable que dans un premier temps, les vétérans libéraux du monde politique ne s'intéressent même pas à un nouveau-né sans expérience ni crédibilité. Les militants libéraux, au sein de l'UMP (et de l'UDF, il y en a) sont-ils prêts à abandonner leur parti pour se lancer dans une telle aventure au risque de n'aboutir à rien ? Rien n'est moins sûr. Sans une base aussi vaste que motivée, point d’avenir.

L’alternative est simple : lancer une action libérale d’envergure au sein d’une UMP déstabilisée, en quête de repères. Cette offensive passe par le soutien au club des réformateurs et un lobbying actif auprès des députés UMP auxquels il faut vendre les projets libéraux. Les sondages vont dans notre sens, sachons nous appuyer sur eux pour faire pression sur notre droite à la veille de régionales qui se révèleront comme un vrai test national.

Notre petit excès d’optimisme risque d’être bien éphémère si les libéraux français ne se mobilisent pas rapidement et ne coordonnent pas leurs efforts.

18:15 Écrit par Alternative Lib | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |