19/03/2004

Pauvreté : fatalité ou responsabilité ?


Une étude récente de deux professeurs d'économie de Harvard aborde la question de la perception de la pauvreté des deux cotés de l'Atlantique.

Les pauvres sont-ils piégés dans leur situation ? 60 % des Européens pensent que oui contre 29 % des Américains.
La chance détermine t-elle le niveau de revenu ? Même score approximativement.
Les pauvres sont-ils paresseux ? Résultat inverse, ici.

Deux univers s'opposent dans leurs fondements : l'Etat Américain ne capte que 30 % du PIB contre 45 % en Europe (et plus de 55 % en france si on ajoute les organismes paritaires...obligatoires). La redistribution ne représente que 11 % du PIB outre-Atlantique contre 16 % en Europe (20 % en France). le salaire minimum n'y est que de 39 % du salaire moyen contre 53 % en Europe.

Pourquoi l'Etat américain n'a t-il pas subi la pression populaire que l'Europe a connue pour un rééquilibrage contraint des richesses ? Plus que la mobilité sociale elle-même, c'est la perception de cette mobilité qui explique la différence. Dans la tradition protestante anglo-saxonne qui privilégie le mérite et l'opportunité, 71 % des américains pensent qu'il est possible de sortir de la pauvreté par le travail et l'effort contre 40 % des Européens, beaucoup plus fatalistes, qui pensent qu'elle est dûe à l'imperfection du système.

Un problème racial (ou ethnique) contribue nettement aux inégalités dans les faits, notamment par le repli communautaire afro-américain. Ce repli et cette plus grande fragilité sociale d'une communauté repliée sur elle-même mais première bénéficiaire des aides sociales ne contribue pas à redorer le blason de l'aide sociale.

Un chiffre étonnant pour conclure : chaque Américain verse en moyene 491 $ par an aux associations caritatives contre 57 $ en Europe !!! Ce chiffre est la meilleure illustration de ce qui oppose nos deux mondes.

16:35 Écrit par Alternative Lib | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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