31/03/2004

2007 : les libéraux ont le pouvoir !


L’inquiétude des Français confrontés à l’accélération des effets de la globalisation est bien manifeste. Ce sentiment est d’autant plus fort qu’aucun parti n’accepte ouvertement cette réalité extérieure pourtant quotidiennement exhibée et commentée dans nos médias. Le refus de la flexibilité induite transforme inexorablement son développement en précarité. Notre système de protection sociale érige de véritables forteresses qui bloquent toute mobilité sociale. La ponction fiscale et les contraintes excessives pesant sur la création de valeur appauvrissent tout le pays.
Les Français sont prêts à entendre un discours réaliste et dur, celui de la faillite d’un Etat providence devenu totalement inadapté à notre monde ouvert, libre et concurrentiel. Mais il leur faut un projet cohérent selon un échéancier clair qui fait entrevoir le bout du tunnel.

Premier pas indispensable pour aborder sereinement les débats et les changements à venir, la France doit sortir des rapports systématiquement conflictuels qu’entretiennent certains corporatismes souvent teintés d’une idéologie réactionnaire. Une modification profonde du mode de représentation des Français s’impose, notamment le monopole syndical tel qu’il est défini dans de vieux textes poussiéreux. Non seulement la libération du syndicalisme est plus que jamais nécessaire, mais son financement ne doit plus être assuré que par ses adhérents et non plus, comme c’est le cas aujourd’hui, à 80 % par l’Etat, si on souhaite un corps intermédiaire fort et légitime, condition d’un retour à la sérénité.
De même, le lien entre la fonction publique et la politique doit être rompu. Un décideur politique ne doit pas être ni un technocrate pointu ni un idéaliste de l’Etat fort, mais un citoyen libre d’esprit et, surtout, au contact de la réalité non seulement sociale mais économique.

Le second point concerne le sentiment d’insécurité sociale face à la montée de la flexibilité. S’y opposer comme nous l’avons fait jusqu’à ce jour revient à renforcer la précarité sociale. En figeant la machine économique intrinsèquement licencieuse, nous avons nourri le chômage par l’absence d’embauches. L’urgence n’est plus de stopper les licenciements, au contraire propres à toute économie saine et créatrice de richesse, mais de libérer les embauches pour arriver à un turnover d’emplois important, condition nécessaire de la croissance. Plusieurs axes doivent être envisagés : baisse du SMIC vers un niveau proche de 40 % du revenu moyen en France, allègement important du code du travail dans la définition du temps de travail et de sa rémunération, dans les règles de licenciement, baisse des charges en réformant radicalement notre système d’assurance sociale coûteuse, inefficace et contrainte pour tous.
Notamment, l’assurance chômage, l’ANPE et APEC doivent être confiées à la concurrence afin d’en augmenter l’efficacité (et d’en diminuer le coût) et d’offrir une liberté de choix aux assurés en fonction des critères de performance, seule solution dynamique susceptible d’éviter la généralisation des situations de chômage durable.
La privatisation de l’assurance maladie nous amènera au même résultat : libre choix et plus grande efficacité dans la responsabilisation des acteurs.
Le droit du logement doit être revu en profondeur afin de rendre aux propriétaires leur droit fondamental de disposer intégralement de leur bien, seule condition d’un retour massif de logements sur le marché.
L’aide sociale doit enfin être considérablement allégée et simplifiée pour redevenir temporaire, incitative à retrouver une meilleure situation et, enfin, facile à gérer sur le plan administratif. L’impôt négatif répond à ces critères.
La carte scolaire et universitaire, qui contribue lourdement au cloisonnement social, doit être abrogées. Il n’est plus tolérable qu’une situation sociale enferme un individu dans un cadre prédéfini par la loi afin de donner chair à la grande fiction entretenue de prédéterminisme social.
A ce sujet, la mise en œuvre du système du chèque scolaire dynamiserait la concurrence entre écoles primaires et secondaires rendues autonomes. L’échec scolaire n’étant jamais une fatalité, pourquoi ne pas laisser aux établissements le soin de s’adapter à leur environnement sur le plan pédagogique, et aux parents le libre choix de l’établissement qui correspond à leurs attentes et à leurs besoins. D’ailleurs, l’enseignement technique et professionnel bénéficierait grandement d’une telle autonomie, garantie de développement de partenariats avec les entreprises locales.

Troisième point, la surcroissance est nécessaire pour tirer notre pays de l’ornière. Alléger les contraintes réglementaires, les charges et la fiscalité qui pèsent sur les entreprises de toute taille. Inciter les revenus élevés, gros contributeurs de valeur ajoutée, à s’installer en France et à accroître leur travail productif par une refonte drastique d’un impôt revenu devenu un frein à la croissance. Le retour de métiers entiers à haut revenu doit être une priorité. Enfin, il faut encourager les gros patrimoines à rester ou à s’installer chez nous en mettant fin à l’ISF et en allégeant le régime des successions.
Dans une perspective plus longue, la réforme de notre système d’enseignement supérieur et de la recherche a pour ambition de remonter le niveau de compétence des générations à venir. Il n’est pas tolérable qu’aucune de nos universités n’apparaisse dans le classement des 60 premiers établissements mondiaux. Cette médiocrité générale accable encore les couches de population moyennes ou défavorisées qui voient innocemment dans l’université le chemin vers la réussite. Cruelle illusion qui, sous couvert de la gratuité actuelle, coûte en fait bien plus cher aux familles et au pays dans son ensemble.
Le nécessaire octroi d’une grande autonomie à nos universités tant dans la gestion de leurs ressources, alliances et partenariats que dans la gestion de leur personnel, n’est plus discutable. Si le système des bourses doit être revu, la gratuité des études supérieures n’est ni saine ni viable. Du budget d’une université dépend son développement, son recrutement de Professeurs de qualité et donc sa reconnaissance auprès des étudiants et des entreprises potentiellement partenaires.
Le financement de la recherche ne doit plus porter sur des structures fonctionnarisées mais sur des projets en fonction de leur performance et de leur partenariat avec le secteur privé sans lequel il ne saurait y avoir de recherche appliquée. Les salaires libres des chercheurs deviendront mécaniquement compétitifs avec les normes internationales.

L’égalité de droits implique de supprimer à l’avenir les statuts particuliers comme ceux de la fonction publique. Les nouveaux entrants dans le secteur public ne doivent plus bénéficier plus d’un statut qui, apparemment privilégié, pénalise les individus les plus compétents et les plus motivés. Une restructuration lourde de l’administration et la mise en œuvre d’une gestion comparable à celle d’une entreprise privée permettrait un progrès constant des modes d’organisation par la stimulation offerte par la flexibilité dans la gestion des rémunérations et des carrières. L’apport de compétences extérieures, recrutées non plus sur concours mais selon les modes habituels de sélection qui ont fait leurs preuves, devrait rapidement améliorer la productivité et la qualité des biens et services qui resteront produits par l’Etat.
La poursuite de la décentralisation doit aboutir à une réelle proximité entre les citoyens et les dépenses collectives d’infrastructures, de transports publics et d’entretien des bâtiments publics, relançant une saine émulation entre municipalités et régions dans le rapport niveau de fiscalité/appréciation du résultat des dépenses.
Concernant le milieu de l’entreprise, une fois un cadre flexible mis en place, aucune aide particulière et ponctuelle à des entreprises ne doit être tolérée, ni sur le plan local, ni sur le plan national. Les règles du jeu doivent être les mêmes pour toutes. La PAC et les mesures protectionnistes de tout ordre n’ont pas de raison d’être car elles faussent la concurrence. Leur suppression devra être rapidement envisagée.

Si l’intervention de l’Etat nous a mené dans une direction bien nocive pour le pays comme on l’a compris, une réflexion plus large s’impose à nous pour redéfinir le rôle et les mission que nous souhaitons lui confier à l’avenir. La privatisation de toutes les entreprises viables publiques telles que la Poste, EdF-GdF, la SNCF et l’établissement d’une libre concurrence dans tous les secteurs offriront aux individus de biens meilleurs biens et services à un moindre coût. Dans un environnement beaucoup plus productif, le maintien de services centraux, régionaux ou municipaux vise à un retour du poids du poids de l’Etat dans le PIB sous la barre des 35 %. Un contrôle beaucoup plus strict des dérapages des comptes publics sera mesuré sur plusieurs exercices (se fixer un plafond sur une seule année n’est pas réaliste en cas de krach économique) avec des mesures mécaniques de réduction des coûts en cas de dépassement.

10:44 Écrit par Alternative Lib | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

Bravo Etant fonctionnaire moi-même je ne peux que souscrire à votre discours. Il devient urgent de dépoussiérer en profondeur le système, de mettre fin au privilèges et de supprimer le sévice public dans ses derniers bastions comme l'EDF par exemple. Il devient urgent aussi de féderer les énergies pour qu'un véritable parti libéral français apparaisse en lieu et place des faibles imitations actuelles.

Écrit par : Harald | 31/03/2004

baisser le SMIC ? avez vous une idee du montant du SMIC ? environ 1000E... Imaginez vous vivre avec si peu d'argent ? Dans votre monde total-liberal payer un loyer, une protection sociale, une retraite serait hors de portée d'une famille ... sauf si les enfants travaillent a l'age de 6 ans...
L'ultra liberalisme que vous pronez nous menerait ineluctablement a une société a l'Americaine, dont quoi que vous en disiez, est une immense dictature consumeriste.
Par contre il est clairement evident que l'etat providence a vecu et que la baisse des prelevements obligatoires et le desengagement de l'etat du tissus economique sont absolument necessaires...

Écrit par : gilles | 06/05/2004

Un réforme parmi d'autres, l'Enseignement. L'école doit préparer les enfants au travail. L'école française apprend seulement à acquérir des diplômes et, quand on a le(s) diplome(s) et, qu'on a passé les années les plus propices à la formation de l'intelligence à accumuler des connaissances abstraites déconnectées des réalités de la vie, dont les 9/10 ne nous serviront jamais, on ne peut plus apprendre un métier vrai. Résultat: dans peu de temps on aura, en France, 60 millions de technocrates et aucun technicien pour mettre en oeuvre leurs projets, bons ou mauvais. Exemple : on a actuellement plus d'étudiants en "conseil d'entreprises" que de personnels d'entreprises ! Si, dès 14 ans, âge de tous les rêves d'activité humaine, on détectait les aptitudes de chacun et qu'on instituait mi-temps apprentissage réel (manuel ou autre) dans de vraies entreprises, soumises aux lois du marché et mi-temps études scolaires et universitaires, axées sur les besoins des entreprises, on aurait un pays qui marcherait, enfin, sur ses deux pieds et les idées bien an place. On serait alors surpris de constater, qu'en commençant par là, beaucoup de choses iraient mieux en France. Et qu'on ne me parle pas, comme on l'entend dire par certains de nos énarques, de faire rentrer de la main-d'oeuvre immigrée: quand on voit le spectacle de nos cités peuplées d'immigrés, on a compris ! Signé: GILCOL.

Écrit par : BREMOND | 13/05/2004

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