31/03/2004

2007 : les libéraux ont le pouvoir !


L’inquiétude des Français confrontés à l’accélération des effets de la globalisation est bien manifeste. Ce sentiment est d’autant plus fort qu’aucun parti n’accepte ouvertement cette réalité extérieure pourtant quotidiennement exhibée et commentée dans nos médias. Le refus de la flexibilité induite transforme inexorablement son développement en précarité. Notre système de protection sociale érige de véritables forteresses qui bloquent toute mobilité sociale. La ponction fiscale et les contraintes excessives pesant sur la création de valeur appauvrissent tout le pays.
Les Français sont prêts à entendre un discours réaliste et dur, celui de la faillite d’un Etat providence devenu totalement inadapté à notre monde ouvert, libre et concurrentiel. Mais il leur faut un projet cohérent selon un échéancier clair qui fait entrevoir le bout du tunnel.

Premier pas indispensable pour aborder sereinement les débats et les changements à venir, la France doit sortir des rapports systématiquement conflictuels qu’entretiennent certains corporatismes souvent teintés d’une idéologie réactionnaire. Une modification profonde du mode de représentation des Français s’impose, notamment le monopole syndical tel qu’il est défini dans de vieux textes poussiéreux. Non seulement la libération du syndicalisme est plus que jamais nécessaire, mais son financement ne doit plus être assuré que par ses adhérents et non plus, comme c’est le cas aujourd’hui, à 80 % par l’Etat, si on souhaite un corps intermédiaire fort et légitime, condition d’un retour à la sérénité.
De même, le lien entre la fonction publique et la politique doit être rompu. Un décideur politique ne doit pas être ni un technocrate pointu ni un idéaliste de l’Etat fort, mais un citoyen libre d’esprit et, surtout, au contact de la réalité non seulement sociale mais économique.

Le second point concerne le sentiment d’insécurité sociale face à la montée de la flexibilité. S’y opposer comme nous l’avons fait jusqu’à ce jour revient à renforcer la précarité sociale. En figeant la machine économique intrinsèquement licencieuse, nous avons nourri le chômage par l’absence d’embauches. L’urgence n’est plus de stopper les licenciements, au contraire propres à toute économie saine et créatrice de richesse, mais de libérer les embauches pour arriver à un turnover d’emplois important, condition nécessaire de la croissance. Plusieurs axes doivent être envisagés : baisse du SMIC vers un niveau proche de 40 % du revenu moyen en France, allègement important du code du travail dans la définition du temps de travail et de sa rémunération, dans les règles de licenciement, baisse des charges en réformant radicalement notre système d’assurance sociale coûteuse, inefficace et contrainte pour tous.
Notamment, l’assurance chômage, l’ANPE et APEC doivent être confiées à la concurrence afin d’en augmenter l’efficacité (et d’en diminuer le coût) et d’offrir une liberté de choix aux assurés en fonction des critères de performance, seule solution dynamique susceptible d’éviter la généralisation des situations de chômage durable.
La privatisation de l’assurance maladie nous amènera au même résultat : libre choix et plus grande efficacité dans la responsabilisation des acteurs.
Le droit du logement doit être revu en profondeur afin de rendre aux propriétaires leur droit fondamental de disposer intégralement de leur bien, seule condition d’un retour massif de logements sur le marché.
L’aide sociale doit enfin être considérablement allégée et simplifiée pour redevenir temporaire, incitative à retrouver une meilleure situation et, enfin, facile à gérer sur le plan administratif. L’impôt négatif répond à ces critères.
La carte scolaire et universitaire, qui contribue lourdement au cloisonnement social, doit être abrogées. Il n’est plus tolérable qu’une situation sociale enferme un individu dans un cadre prédéfini par la loi afin de donner chair à la grande fiction entretenue de prédéterminisme social.
A ce sujet, la mise en œuvre du système du chèque scolaire dynamiserait la concurrence entre écoles primaires et secondaires rendues autonomes. L’échec scolaire n’étant jamais une fatalité, pourquoi ne pas laisser aux établissements le soin de s’adapter à leur environnement sur le plan pédagogique, et aux parents le libre choix de l’établissement qui correspond à leurs attentes et à leurs besoins. D’ailleurs, l’enseignement technique et professionnel bénéficierait grandement d’une telle autonomie, garantie de développement de partenariats avec les entreprises locales.

Troisième point, la surcroissance est nécessaire pour tirer notre pays de l’ornière. Alléger les contraintes réglementaires, les charges et la fiscalité qui pèsent sur les entreprises de toute taille. Inciter les revenus élevés, gros contributeurs de valeur ajoutée, à s’installer en France et à accroître leur travail productif par une refonte drastique d’un impôt revenu devenu un frein à la croissance. Le retour de métiers entiers à haut revenu doit être une priorité. Enfin, il faut encourager les gros patrimoines à rester ou à s’installer chez nous en mettant fin à l’ISF et en allégeant le régime des successions.
Dans une perspective plus longue, la réforme de notre système d’enseignement supérieur et de la recherche a pour ambition de remonter le niveau de compétence des générations à venir. Il n’est pas tolérable qu’aucune de nos universités n’apparaisse dans le classement des 60 premiers établissements mondiaux. Cette médiocrité générale accable encore les couches de population moyennes ou défavorisées qui voient innocemment dans l’université le chemin vers la réussite. Cruelle illusion qui, sous couvert de la gratuité actuelle, coûte en fait bien plus cher aux familles et au pays dans son ensemble.
Le nécessaire octroi d’une grande autonomie à nos universités tant dans la gestion de leurs ressources, alliances et partenariats que dans la gestion de leur personnel, n’est plus discutable. Si le système des bourses doit être revu, la gratuité des études supérieures n’est ni saine ni viable. Du budget d’une université dépend son développement, son recrutement de Professeurs de qualité et donc sa reconnaissance auprès des étudiants et des entreprises potentiellement partenaires.
Le financement de la recherche ne doit plus porter sur des structures fonctionnarisées mais sur des projets en fonction de leur performance et de leur partenariat avec le secteur privé sans lequel il ne saurait y avoir de recherche appliquée. Les salaires libres des chercheurs deviendront mécaniquement compétitifs avec les normes internationales.

L’égalité de droits implique de supprimer à l’avenir les statuts particuliers comme ceux de la fonction publique. Les nouveaux entrants dans le secteur public ne doivent plus bénéficier plus d’un statut qui, apparemment privilégié, pénalise les individus les plus compétents et les plus motivés. Une restructuration lourde de l’administration et la mise en œuvre d’une gestion comparable à celle d’une entreprise privée permettrait un progrès constant des modes d’organisation par la stimulation offerte par la flexibilité dans la gestion des rémunérations et des carrières. L’apport de compétences extérieures, recrutées non plus sur concours mais selon les modes habituels de sélection qui ont fait leurs preuves, devrait rapidement améliorer la productivité et la qualité des biens et services qui resteront produits par l’Etat.
La poursuite de la décentralisation doit aboutir à une réelle proximité entre les citoyens et les dépenses collectives d’infrastructures, de transports publics et d’entretien des bâtiments publics, relançant une saine émulation entre municipalités et régions dans le rapport niveau de fiscalité/appréciation du résultat des dépenses.
Concernant le milieu de l’entreprise, une fois un cadre flexible mis en place, aucune aide particulière et ponctuelle à des entreprises ne doit être tolérée, ni sur le plan local, ni sur le plan national. Les règles du jeu doivent être les mêmes pour toutes. La PAC et les mesures protectionnistes de tout ordre n’ont pas de raison d’être car elles faussent la concurrence. Leur suppression devra être rapidement envisagée.

Si l’intervention de l’Etat nous a mené dans une direction bien nocive pour le pays comme on l’a compris, une réflexion plus large s’impose à nous pour redéfinir le rôle et les mission que nous souhaitons lui confier à l’avenir. La privatisation de toutes les entreprises viables publiques telles que la Poste, EdF-GdF, la SNCF et l’établissement d’une libre concurrence dans tous les secteurs offriront aux individus de biens meilleurs biens et services à un moindre coût. Dans un environnement beaucoup plus productif, le maintien de services centraux, régionaux ou municipaux vise à un retour du poids du poids de l’Etat dans le PIB sous la barre des 35 %. Un contrôle beaucoup plus strict des dérapages des comptes publics sera mesuré sur plusieurs exercices (se fixer un plafond sur une seule année n’est pas réaliste en cas de krach économique) avec des mesures mécaniques de réduction des coûts en cas de dépassement.

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25/03/2004

Vive les licenciements et les délocalisations !


Evidemment, ce titre provocateur fera certainement de la peine à nos malheureux concitoyens qui traversent une période de chômage, d'autant plus douloureuse qu'elle dure en moyenne plus d'un an et que le chômage très long se généralise. L'objet de ce texte est de montrer comment la France a abouti à cette situation déplorable sur le plan social.

Les délocalisations créent de la richesse de part et d'autre. Ce qui, intuitivement, apparait comme une catastrophe, se révèle dans les faits un remarquable processus de création de valeur. Laissons la démagogie à nos politiques qui n'ont jamais mis les pieds dans une entreprise et penchons-nous sur cette dynamique mondiale de délocalisation :
La délocalisation d'entreprises relève de l'opération gagnant-gagnat pour les raisons suivantes :
1) Les coûts se réduisent, ce qui se répercute directement sur les consommateurs individuels à la capacité d'achat augmentée, mais aussi sur les investisseurs.
2) Les nouveaux revenus tirés dans le pays d'accueil de l'entreprise offrent de nouveaux débouchés aux produits et services locaux, notamment dans les niches à haute valeur ajoutée.
3) Les gains tirés de ces délocalisations sont rapatriés pour être dépensés, investis ou payés sous forme de dividendes aux actionnaires-propriétaires.
4) Les employés libérés peuvent prendre de nouveaux postes dans des entreprises en quête de compétences.

Un euro délocalisé rapporte, selon une étude très sérieuse de Mac Kinsey, 0.33 euros au pays destination de la délocalisation et 1.12-1.14 euros au pays qui délocalise, soit 78 % de la valeur totale créée. Evidemment, ce processus ne fonctionne bien que lorsque le point 4) évoqué plus haut est bien une réalité. C'est à dire que le marché du travail est fluide et permet aux entreprises de recruter sans crainte de ne pouvoir ajuster leurs effectifs plus tard et aux individus de trouver aisément un emploi. C'est là que le bât blesse en France.

Comment se fait-il que les Etats-Unis, entre 1993 et 2002, aient détruit 310 millions d'emplois tout en maintenant un rythme de croissance élevé et un taux de chômage longtemps resté autour de 4 % (avant de remonter à 5.6 % avec le ralentissement mondial de 2001-2003) ?
Explication simple : les Etats-Unis ont créé 328 millions d'emplois dans le même temps, soit une augmentation nette de 18 millions d'emplois !!!

Non seulement une économie saine détruit en permanence de l'emploi en grand nombre. En fait, il faut l'exprimer ainsi : c'est en licenciant beaucoup qu'une économie garde la forme. Un taux de licenciement élevé est alors compensé (et bien souvent plus que compensé) par un taux d'embauche important. Les salaires ont tendance à monter dans les secteurs qui se développent, les entreprises s'impliquent naturellement dans la formation afin de disposer des compétences dont elles ont besoin. La recherche est forte pour renouveler les activités qu'on sait condamnées à perdre en rentabilité.

Bref, on devine mieux les qualités dynamiques d'un marché aussi flexible des entreprises et du travail. En France, tétanisés au milieu de sables mouvants, nous nous enlisons progressivement. La destruction d'un coté n'est pas compensée par la création de valeur correspondante car notre marché du travail est figé, trop cher et trop rigide.

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19/03/2004

Pauvreté : fatalité ou responsabilité ?


Une étude récente de deux professeurs d'économie de Harvard aborde la question de la perception de la pauvreté des deux cotés de l'Atlantique.

Les pauvres sont-ils piégés dans leur situation ? 60 % des Européens pensent que oui contre 29 % des Américains.
La chance détermine t-elle le niveau de revenu ? Même score approximativement.
Les pauvres sont-ils paresseux ? Résultat inverse, ici.

Deux univers s'opposent dans leurs fondements : l'Etat Américain ne capte que 30 % du PIB contre 45 % en Europe (et plus de 55 % en france si on ajoute les organismes paritaires...obligatoires). La redistribution ne représente que 11 % du PIB outre-Atlantique contre 16 % en Europe (20 % en France). le salaire minimum n'y est que de 39 % du salaire moyen contre 53 % en Europe.

Pourquoi l'Etat américain n'a t-il pas subi la pression populaire que l'Europe a connue pour un rééquilibrage contraint des richesses ? Plus que la mobilité sociale elle-même, c'est la perception de cette mobilité qui explique la différence. Dans la tradition protestante anglo-saxonne qui privilégie le mérite et l'opportunité, 71 % des américains pensent qu'il est possible de sortir de la pauvreté par le travail et l'effort contre 40 % des Européens, beaucoup plus fatalistes, qui pensent qu'elle est dûe à l'imperfection du système.

Un problème racial (ou ethnique) contribue nettement aux inégalités dans les faits, notamment par le repli communautaire afro-américain. Ce repli et cette plus grande fragilité sociale d'une communauté repliée sur elle-même mais première bénéficiaire des aides sociales ne contribue pas à redorer le blason de l'aide sociale.

Un chiffre étonnant pour conclure : chaque Américain verse en moyene 491 $ par an aux associations caritatives contre 57 $ en Europe !!! Ce chiffre est la meilleure illustration de ce qui oppose nos deux mondes.

16:35 Écrit par Alternative Lib | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

18/03/2004

Miracle économique ?


Je vous propose une petite énigme :
Quel pays a connu 2.3 % de croissance en 2003, anticipe 3.5 % pour 2004, bénéficie d'un taux de chômage de 4.8 % (le plus bas du monde industriel), annonce une réduction rapide du nombre de fonctionnaires de 40 000, connait une hausse du revenu moyen de 4.4 % (avec une inflation de 1.75 %, soit un gain net de pouvoir d'achat), ne tire qu'une dette publique de 33 % sur le PIB (contre 61 % chez nous) et dont la capitale se trouve à 2h30 de train de Paris ?

17:09 Écrit par Alternative Lib | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook |

17/03/2004

Quel avenir politique pour les libéraux Français ?


Dimanche, une raclée attend l'UMP. Si, comme je le pense, l'UDF s'en sort pas trop mal à ses dépens, le renforcement des partis extrémistes (LO/LCR dangereusement opposés aux libertés individuelles, FN fourre-tout de mesures protectionnistes, sociales coûteuses mais malgré tout fiscalement sexy) supprimera toute velléité réformatrice du gouvernement.

Quel constat peuvent dresser les libéraux après 3 ans de Raffarin au pouvoir ? Aucune réforme n'est venue moderniser notre paysage syndical obsolète et illégitime. Aucune réforme d'envergure n'est venue moderniser et réduire la fonction publique. La logorrhée légiférante s'est presque aggravée, les interdits s'empilent et les mesures de précaution se généralisent. L'enseignement supérieur est toujours en aussi sale état, ainsi que la recherche. Les cerveaux continuent à fuir. La fiscalité ne s'est globalement pas allégée et des impôts contre productifs comme l'ISF perdurent. Le code du travail s’est plutôt compliqué et alourdi. Le domaine de la santé n'a pas encore été abordé malgré l'urgence devant le risque de faillite. Le système des retraites, maintenu par répartition, est toujours menacé. La culture est toujours sous contrôle de l'Etat.

Or, la majorité des Français assimile la politique de notre gouvernement à une politique libérale. L'échec de la droite va non seulement figer les réformes attendues (qui l'étaient déjà en grande partie), mais elle va coûter très cher aux libéraux qui avaient soutenu l'UMP.

S'il est probable que les dissensions internes à l'UMP la pousse à l'implosion, sa survie sous perfusion Chiraquienne n'est pas totalement exclue pour autant.

Les libéraux doivent réfléchir à l'après-UMP s'ils veulent préparer 2007 intelligemment. La création d'un nouveau parti est-elle concevable ? Quelles grandes figures seraient prêtes à se joindre à l'aventure ? L'espérance de voix oscille entre 3.6 % et... 5, 6 ou 10 % ? Au moment où les partis fusionnent (verts-PS, LO-LCR), les libéraux ont-ils une chance en arrivant seuls face à une droite déjà morcelée ?

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15/03/2004

Russie : petite lueur d'espoir


Aux élections présidentielles russes de dimanche, la candidate inconnue libérale, au double handicap d'être une femme et à demi japonaise, a réussi l'exploit d'obtenir un score de 4 % (autant que le fameux Iabloko aux dernières législatives) ! Petit score dans l'absolu, grand score pour ce pays aux traditions centralisatrices et interventionnistes fortes.

Irina Khakamada réflechit à la création d'un parti libéral, défenseur des libertés individuelles contre les amibiguités d'un Etat aux pulsions encore totalitaires et les mafias toujours aussi présentes.

Evidemment, cette mission peut mal se terminer si, comme elle le promet, elle descend dans la rue en cas de modification constitutionnelle par Poutine. Suivons-là de près...

16:29 Écrit par Alternative Lib | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

05/03/2004

Pourquoi la recherche Française se cherche toujours...


A) Dans l'édition du Monde du 2 mars :
Cela fait plus de quinze ans qu'il a quitté la France. Et le CNRS, pour lequel il aura finalement travaillé à peine deux ans. Pourtant, Philippe Aghion, économiste à Harvard, n'a pas coupé le cordon et observe avec attention le mouvement des chercheurs français.
[...]
A 47 ans, l'économiste qui a été aux Jeunesses communistes aimerait participer au "renouveau de la gauche européenne". A sa manière, en l'aidant à "reconstruire un appareillage théorique pour repenser la croissance. La gauche keynésienne, celle qui pense que la croissance dépend de la consommation, est épuisée. La gauche n'a plus de doctrine.
[...]
C'est pour cela qu'il accepte en 2001 l'offre de Jean Pisani-Ferri, alors président du Conseil d'analyse économique (CAE), qui regroupe des économistes de tous bords auprès du premier ministre, de travailler avec Elie Cohen, directeur de recherche au CNRS, sur la question de l'éducation. En janvier 2004, leur rapport "Education et croissance" est publié. Les deux chercheurs sont formels : le système d'enseignement supérieur français handicape la croissance. Ses institutions sont archaïques et sont celles d'une économie en rattrapage, pas d'une économie innovante.
[...]
... UN COMMUNISTE LIBERAL ?
"Sur le modèle de la National Science Foundation aux Etats-Unis. Les projets des chercheurs y sont évalués par leurs pairs, les meilleurs sont choisis et financés. Les refinancements sont sujets à évaluation", explique Philippe Aghion, qui rêverait de mener un projet équivalent en France ou en Europe.
[...]
"Je rentrerais aussi si je pouvais créer une Paris School of Economics" sur le modèle de la London School of Economics (LSE). C'est-à-dire "un programme d'économie d'excellence qui ait les moyens d'attirer les meilleurs chercheurs, de leur permettre de faire leur boulot sans devoir chercher d'autres sources de revenus, de choisir les meilleurs étudiants", explique-t-il.
[...]
il publie et se fait connaître pour son travail. Il gagne bien sa vie : 40 000 dollars par an, "soit l'équivalent de 80 000 dollars aujourd'hui".
[...]
... 1989 RETOUR AUX IDEAUX
"On a été plusieurs à revenir en France cette année-là et à intégrer le CNRS. On croyait que les choses avaient bougé", se rappelle-t-il. Il déchante. Les différents laboratoires ne travaillent pas ensemble. "C'est compliqué. On passe son temps à aller d'un endroit à l'autre, pour chercher un document, pour voir quelqu'un, pour assister à un séminaire", décrit M. Aghion. Il gagne 12 000 francs net par mois. Et donne des cours à HEC qui lui permettent de plus que doubler ses revenus. "Comme on n'avait pas le droit de gagner plus que son salaire en dehors du CNRS, j'avais créé une société pour donner mes cours à HEC", se rappelle-t-il.
[...]
... IDEAUX RENOUVELES :
En 1998, donc, il accepte l'offre de Harvard pour un poste de titulaire, cette fois. Aujourd'hui, M. Aghion gagne 220 000 dollars par an, soit quelque 150 000 dollars après impôts. L'université l'a récemment augmenté pour l'empêcher de répondre aux sirènes de la LSE qui lui proposait 250 000 livres par an. "Passer d'un labo parisien à Harvard, c'est comme passer d'une petite boutique à une grande surface. Il y a tout, les meilleurs chercheurs, les meilleurs étudiants...", raconte-t-il.

B) Le budget américain de la recherche a atteint 290 milliards de dollars (233 milliards d'euros) en 2003, dont 38 % est financé par l'Etat (sur cette part, la moitié part pour la recherche militaire, le quart pour la santé, 10 % pour la Nasa et le reste se partage entre l'énergie et la recherche fondamentale). Si l'argent coule à flot dans les centres de recherche, notamment universitaires, les sources peuvent se tarir brutalement si l'espérance de réussite est trop faible. Réactivité et pression constante sont les maîtres mots de cet univers.
Le partenariat université - entreprise est naturel; plus, il est quasi systématique. Car si la recherche n'est pas une marchandise, c'est tout de même un business. En effet, une fois qu'une découverte devient sérieusement prometteuse, le passage à un stade de développement pour une commercialisation est essentiel. Capital risque, start-up, groupe industriel, tout est bon pour trouver des partenaires financiers.

Certes, comme on le comprend, la recherche est un univers de compétition qui exige le meilleur des meilleurs. Aucune place pour l'atavisme.

Résultat, la recherche américaine pèse 40 % de l'effort mondial, contre 25 % pour l'Europe. Elle attire donc les cerveaux du monde entier et concentre l'essentiel des nouvelles découvertes. Aboutissement de ce dynamisme exceptionnel : le chômage est à 5.6 %, le niveau de pauvreté est en passe de passer sous le seuil français, centre du monde du bien-être social, et les délocalisations leur permettent de réallouer leurs forces vives dans les nouveaux secteurs.

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03/03/2004

Syndicats : le casse du siècle !


Notre François Fillon national est en train de négocier la paix sociale avec les 5 syndicats déclarés "légitimes" depuis 1947. Un peu de stabilité ne fait pas de mal, dans ce bas monde. Les salariés voulaient croire pouvoir être représentés librement par des syndicats légitimes et la loi s'est chargée de figer ce schéma depuis presque 60 ans !

Trois missions vont être étudiées en profondeur (et les contribuables vont aussi le sentir... en profondeur) :
1) le financement public
Evidemment, personne ne se syndique dans la privé devant l'absolu crétinisme corrompu par l'idéologie et le corporatisme de notre oligopole syndicale. Devant l'absence d'obole, le gouvernement (c'est à dire NOUS !) va rallonger le montant actuel des subventions (80 % des recettes syndicales proviennent déjà de l'Etat). Une terrible bagarre de couloirs va démarrer en ce qui concerne la répartition de ce cadeau entre les 5 dinosaures Escrocus Rex. Tous les coups bas seront permis (Blondel, à la retraite, ne pourra plus traiter Notat, également à la retraite, de "salope mal baisée" comme il le fit en son temps)
2) le paritarisme
En gros, les salariés n'auront toujours toujours aucune légitimité pour s'exprimer autrement que par la voie des syndicats dits "légitimes" (notre belle et fameuse bande imposée par la loi depuis 1947). Nos grandes institutions sociales, au bord de la faillite, continueront à être menées par nos gestionnaires amateurs jusqu'au fond du gouffre.
3) les missions d'intérêt général
Gestion Braziliesque de nos cotisations sociales ? Défonce sociale ? Le sujet est ambigu pour le non initié car les arcanes syndicales sont difficiles à pénétrer : il a fallu 20 ans de fraudes scandaleuses et massives au sein du CE d'EdF pour qu'un juge se réveille et vienne poser des questions. Or, ces escroqueries organisées existent partout à grande échelle.

Bref, nous attendons toujours le météore qui viendra éteindre l'ère de la dictature syndicale. Dernière rencontre avec le ministre : le 3 juin. Tous à vos chéquiers pour la hausse de la CSG à venir (pour commencer).

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02/03/2004

Un mauvais rêve...


6h30, le réveil sonne. C’est l’heure recommandée par la commission STS (Santé et Temps de Sommeil) qui dépend du MS (Ministère de la Santé) et qui exige un minimum de 7h30 pour les nuits en semaine afin de rester productif au bureau. Ils ont raison, ces gens-là, qui peut sainement travailler avec des nuits trop courtes ? Bon, je me suis fait prendre la semaine dernière en me levant un quart d’heure trop tôt et ça m’a coûté 25 euros d’amende ! C’est justice, certes, mais on ne m’y reprendra pas…

Douche de 1minute20, temps recommandé par la commission SHG (Santé et Hygiène Corporelle), avec le savon agrée qui pue toujours autant. Petite séance de rasage avec le modèle certifié SRF25 par la commission SHG (lame dans un alliage inaltérable qui ne coupe plus la peau). Deux marques ont la licence ; c’est ça la concurrence, bien qu’on ait l’impression d’une certaine entente à des prix aussi hauts : 30 euros le rasoir, c’est limite, mais bon, pour l’hygiène, on ne compte pas. Un coup de serviette NHJ18 anti-bactérienne. Ah, j’aurai bien aimé me passer une petite lotion, mais depuis 2 ans, la commission SHG les interdit pour limiter l’impact de la publicité sur les consommateurs (d’ailleurs, toutes les pubs sur les produits de beauté ont été interdites dans le même temps).

Ensuite, je passe à la cuisine. J’allume le poste. Une seule station autorisée : Radio Energie Positive. Je pense à cette foutue redevance radio, 300 euros annuels ! Tout ça pour me taper les commentaires sur les derniers décrets ministériels entre deux chansons de Claude François ou d'Annie Cordy pendant que je me tartine (au beurre agrée par la commission alimentation pour son taux de cholestérol) des tranches de pain (prix fixé par un décret). Le lait est interdit cette semaine pour des raisons d’équilibre collectif alimentaire, la courbe de consommation des produits lactés sur les 3 derniers mois ayant dépassé le seuil 4. Les gens ne savent plus se contrôler, c’est dingue !
Je mâche trop vite. Une alarme sonne. 10 euros d’amende, et merde ! Je sais, je sais, il faut bien mâcher sinon on digère mal et on risque le coup de fatigue à 11h.
Bon, j’enfile mon manteau aux normes NJK98 de résistance au froid, au vu de la température extérieure, il ne manquerait plus que je me tape une prune pour non respect de protection thermique.
Ah, même pas une petite clope pour le chemin balisé jusqu’au bureau. Ils n’auraient jamais du interdire le tabac, mais enfin, c’est pour notre bien….

….. Ah je me réveille en plein cauchemar ! Quelle horreur que ce monde affreux ! Je me lève péniblement, enfile mes vêtements de la veille qui sentent encore la clope, et pars à la cuisine me faire un petit-déjeuner. La radio commente le dernier discours de Raffarin qui assume la claque des régionales. Le FN préside 2 régions, LO/LCR une seule. L'Ile de France est aux mains de Santini, l'ami de toujours. On annonce la hausse de 2 % de la CSG pour financer la sécu. Les chercheurs sont encore dans la rue, avec les intermittents du spectacle et les étudiants opposés à l’autonomie de l’université. Allez, j’éteins et file au bureau. Trop tard, la flicaille PV-tise déjà ma voiture sans ticket de stationnement. Je cours leur expliquer que je viens de me réveiller…
C’est beau, la vie !

17:48 Écrit par Alternative Lib | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |