15/06/2004

EDF, escroquerie EPIC de grande envergure.


Cette entreprise modèle est toujours citée en exemple pour sa bonne gestion par les défenseurs du " service public à la Française ". Or, l’entreprise ne va pas bien du tout. Les caisses de l’Etat vides, le gouvernement est obligé de se creuser un peu les méninges car la réponse habituelle du chéquier n’est plus tenable. Or, la secousse du changement n’est pas du goût des syndicats qui, dans leur longue tradition réactionnaire, menacent et punissent de coupures de courant le pays et des individus sélectionnés pour leurs opinions afin qu’on ne touche à rien (et le dernier éteint la lumière !). Après avoir lu ce qui suit, vous les comprendrez facilement.

Certes, EdF a longtemps été une vache à lait pour les gouvernements successifs, ce qui confirme bien que les entreprises publiques savent dégager du profit aussi bien que les entreprises privées. A la différence de ces dernières, elles n’en ont pas les compétences sur la durée et toutes les stratégies ambitieuses d’entreprises publiques se sont soldées par de très lourdes pertes, si possibles dissimulées aux contribuables. Dans le cas d’EdF, le moment d’en payer la gigantesque facture approche.

Les défenseurs des entreprises publiques évoquent le coût du refinancement très bas avec la garantie de l’Etat. Mais ce drainage subventionné de capitaux sur les marchés financiers se fait au détriment de toutes les entreprises privées qui, elles, doivent se financer beaucoup plus cher pour capter les capitaux restants. Toute l’économie subit lourdement ce dumping Etatique.
Par ailleurs, la garantie totale de l’Etat fausse le jeu de la concurrence, particulièrement dans un marché ouvert de l’énergie. EdF triche car elle n’hésite pas à procéder à des acquisitions, à prendre des parts de marché dans les pays qui respectent les règles de la concurrence sans les respecter en retour en France où elle conserve un juteux monopole. Les services de la concurrence de la Commission Européenne, dirigés par Mario Monti, ont d’ailleurs mis en lumière l’illégalité de ce soutien total de l’Etat à une entreprise sur un marché libre en officialisant, en décembre dernier, une demande de remboursement auprès d’EdF de près d’un milliard d’euros. L’ingrate !

Le statut de fonctionnaire des salariés d’EdF se fonde-t-il sur un noble concept d’harmonie sociale ? En effet, les spécialistes de l’énergie avancent souvent le chiffre de 50.000 salariés en trop sur un total de 167.000. On comprend que l’harmonie règne au sein de l’entreprise. Mais sur le plan national, le coût de cette générosité est lourd pour les contribuables ainsi que pour les consommateurs captifs d’EdF : les particuliers.
EdF offre une vie en or à ses salariés. Inutile de revenir sur le CE monumental de l’entreprise (aux multiples fraudes), financé par les clients à hauteur de 1 % de leur facture. La retraite à 55 ans avec 2 mois de bonification par année d’ancienneté, le calcul de la pension (75-80 % du dernier salaire) pèsent 2.45 milliards d’euros chaque année pour les 110 000 retraités, couverts à 40 % seulement par les cotisations actuelles. Les contribuables se chargent du reste et c’est invisible, fondu dans les strates infinies des aides de notre lumineux Etat.
Mais ce régime spécifique va coûter bien plus cher encore dans les 25 ans qui viennent : 70 à 80 milliards d’euros, aujourd’hui non provisionnés, soit après droits acquis et cotisations versées, 50 à 60 milliards de perte sèche (Mario Monti, dans sa grande mansuétude, en estimait le coût à seulement 45 milliards d’euros). C’est là que le bat blesse. Qui va prendre à sa charge cette provision de 45 à 60 milliards d’euros qu’aucune entreprise privée n’aurait ainsi laissé filer  ainsi ?
Il semble qu’un processus a été insidieusement lancé pour rattacher le régime spécifique de la branche énergie au régime général, la CNAV, moyennant une soulte de 10 milliards d’euros, (qui restent àtrouver…dans la poche des contribuables ?), loin des 45 à 60 milliards de pertes à venir. Autant dire que c’est le hold up du siècle pour les salariés cotisants !

Au moins, avancent les audacieux défenseurs de l’immobilisme, une stratégie claire et payante soutenue par l’Etat fait d’EdF un fleuron des grandes entreprises d’Etat. Encore faut-il se rappeler la politique récente d’achats massifs d’entreprises à travers le monde (notamment en Amérique du Sud), incohérents, mal ficelés et à des prix excessifs. Les moins-values latentes sont colossales et le montant de la dette d’EdF atteint déjà la somme importante de 25 milliards d’euros pour des fonds propres de 19 milliards seulement !
François Roussely, actuel PDG d’EDF-GDF, se prononce régulièrement pour une privatisation du groupe afin de pouvoir affronter la concurrence librement, notamment en ce qui concerne l’apport de fonds propres dont il pense que 10 à 15 milliards d’euros sont nécessaires à la survie de l’entreprise. Alors que l’Etat n’étudie qu’un plan d’apport de 500 millions d’euros, il s’avère donc indispensable de rapidement trouver le solde de 9.5 à 14.5 milliards de capital auprès d’investisseurs prêts à devenir actionnaires (lesquels ? La question est ouverte).

Notre régime commun de retraites va sans doute récupérer le coût à venir du régime spécifique des électriciens et gaziers de France, avec la menace de faillite du système de retraites qui s’ensuit. Si l’avenir d’EdF-GdF s’en trouvera plus serein, la provision du renouvellement du parc de centrales nucléaires n’est pas encore prévue. Aussi, mis à part quelques taxes nouvelles, notamment sur le transport d’électricité, qui viendront alourdir la facture du consommateur particulier, il paraît inéluctable que le prix de l’électricité, monopole public ou non, augmente sensiblement dans les prochaines années. Evidemment, reste à savoir pour qui…et pourquoi !

13:58 Écrit par Alternative Lib | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

Commentaires

m'enfin! un blog avec idées de merde, vraiment incroyable!

Écrit par : serge aldagor | 15/06/2004

hélas trois fois hélas j'espère que tu as raison car si la socièté est reellement en dificulté
elle sera invendable au privé donc restera publique
Génial

Écrit par : nofear | 16/06/2004

Logique? J'aime bien la logique des deux précédents contributeurs, ve sont des blagueurs ou quoi?
Le premier aime bien se faire prendre par le cul, apparemment, cela ne le gène pas. Dis moi, tu peux me donner ton adresse, j'aimerai bien avoir ma part, aussi, tu as l'air de te laisser faire facilement....


Au fait Aldagor, c'est plutot le tien qui est un blog de merde:
"" la différence entre le libéralisme et le libéralisme social serait la suivante : une politique libérale veut réduire les charges des entreprises, tandis qu'une politique socio-libérale veut réduire les charges des entreprises pour créer de l'emploi. Notez que, du coup, on peut se demander quel est le véritable objectif du simple libéralisme par rapport au libéralisme social?"""

Ca veut dire quoi? Tu es sur de savoir de quoi tu parles.

Félécitations, Aurel, ne te laisse pas faire par ces deux tocards.

Écrit par : chitah | 19/06/2004

Désolé Même si je ne suis pas d'accord avec vos idées, je tiens à signaler que le commentaire qui m'est attribué ci-dessous n'est pas de moi. Des "bas du front" s'amusent à signer de ma plume... J'ai l'impression d'ailleurs que ce chitah est celui qui m'a "plagié"...

Écrit par : Serge aldagor | 19/06/2004

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