28/09/2004

La France n'a pas encore chassé tous ses riches


Si la chasse aux riches se poursuit activement, non seulement par des mesures concrètes comme l'ISF et d'autres charges alimentant l'exode, mais aussi par une culture savamment entretenue par notre nomenklatura parisienne socialisante, les Français n'ont pas une image du patrimoine aussi mauvaise que la presse voudrait nous le faire croire. Surtout, les seuils qu'ils jugent séparer les situations "à l'aise" et "fortuné" sont très éloignés de ce qu'on pourrait imaginer en lisant la presse courante. Alors info ou intox ?

Nicolas Sarkozy a déjà attaqué : «Quand on a travaillé toute une vie et qu'on laisse à ses enfants 100 000 euros, je défie quiconque de dire que c'est un cadeau aux plus fortunés.» Assuré de viser juste, le ministre d'Etat assume : «Si on considère qu'une telle personne est quelqu'un de riche, eh bien, faisons le débat devant les Français.»
Au moment où il s'avançait sur ce terrain miné (par la gauche), l'INSEE nous annonçait que :
- 41.6 % des ménages disposait d'un patrimoine compris entre 105.000 euros et 450.000 euros,
- 7.5% des ménages disposait d'un patrimoine supérieur à 450.000 euros,
- 37.9 % disposent d'un patrimoine entre 3.000 et 105.000 euros
Bref, ceci confirme que largement plus de la moitié de la population dispose d'un patrimoine proche ou supérieur à 100.000 euros. Un sondage récent TNS-Sofres réalisé par le Figaro révèle par ailleurs que 77 % des Français se déclarent satisfaits de leur situation matérielle (dont 10 % "très satisfaits"). Ils en profitent pour grossir leur épargne, déjà à un niveau très élevé. En fait, les Français sentent bien que de gros nuages s'amoncellent au-dessus du pays : faillite latente de nos régimes des retraites, sécu au bord du gouffre, dette publique incontrôlable,... Aussi sont-ils 68 % à vouloir épargner davantage.

Un Français sur trois considère que la richesse commence avec un revenu mensuel net compris entre 6 000 et 10 500 euros dans un foyer. Ils sont deux sur trois à juger qu'un ménage avec deux enfants aurait un niveau de vie tout à fait acceptable avec un revenu mensuel net compris entre 2 000 et 4 000 euros. Soit à peu près 2 fois le salaire moyen en France qui s'établit à 1 372 euros.
Plus significatif, un sondé sur cinq estime que l'on peut se tenir pour fortuné avec un patrimoine de 450 000 à 1 million d'euros. En moyenne, les personnes interrogées se classent seulement dans la catégorie «à l'aise» lorsque la valeur cumulée des placements financiers, de l'immobilier et autres oeuvres d'art atteint 685 000 euros. Or la première tranche de l'ISF (0,55%) se situe à 720 000 euros... Pour être vraiment riche, selon les Français, le ménage doit posséder des biens valorisés à plus de 1,5 million d'euros (voire même 2 millions d'euros pour les plus de 50 ans).
Bref, les seuils de l'ISF sont franchement iniques et l'idée qu'il constitue une véritable spoliation n'est peut-être pas si éloignée du sentiment majoritaire que cela.
Les Droits de succession constituent aussi un point crucial pour nos concitoyens. 80 % des sondés se déclarent "très" ou "assez favorables" à la réforme en cours. Voire plus ?

En attendant, les réformes viennent au compte-goutte, l'exode continue, le marché du travail ne repart pas franchement et le cloisonnement social, les trappes à pauvreté vont être amplifiés par les projets pharaoniques de Borloo soutenus par un Chirac plus antimondialiste que jamais.

10:14 Écrit par Alternative Lib | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

20/09/2004

UMP, Sarkophage ?


Contrairement à Chirac, notre Rastignac politique, Sarko a gardé l'allure et le style aristocratiques de ses ancêtres Hongrois, les Sarkozy de Nagy-Bocsa. Pas besoin d'épouser une aristo pleine aux as pour se mettre en selle (juste la fille de l'ancien maire de Neuilly... plus une aventure avec Claude Chirac, lui, le gendre idéal pour la famille C.) et battre à 27 ans un parrain de la politique, Pasqua. Malgré une jeunesse dorée, on sent bien le désir de revanche sur la vie, l'hyperactivité obsessionnelle presque maladive. Abandon d'un père volage ou simple ambition absolue (dans laquelle sa femme, une Bernadette en puissance sans la chevalière, se retrouve totalement) ?

En tout cas, Sarko a plusieurs bons points pour lui : ce n'est pas un intello (au point que les intellos s'emmerdent avec lui... Et sans doute lui avec eux) et il n'est pas issu de l'ENA, ce qui explique sans doute son courage supérieur à la moyenne de la classe politique. Courage également physique, faut-il le rappeler, mais courage qu'il faut pondérer du fait qu'il s'entoure essentiellement d'ENArques.
L'ambition démesurée du petit bonhomme est aussi plutôt un atout en termes politiques. Surtout qu'il semble s'être entouré de têtes fidèles qui, depuis longtemps , portent des valeurs assez tranchées. Assumera t-il leurs idées un jour ?

Si on ne peut accuser Sarko d'être une girouette, on ne peut manquer de lui reprocher une certaine immaturité dans le domaine de la pensée. Or, la théorie doit guider les grandes actions de réforme comme elle l'a fait dans de nombreux pays aujourd'hui sortis de l'ornière, bien qu'il ne s'agisse pas de la citer en public.
Sarko est une éponge à idées simples, concrètes, alors qu'il a une grande capacité d'analyse pour décortiquer des projets tordus, complexes, imbuvables et technocratiques. Aurait-il trop le nez dans le guidon ?

Citer le modèle Anglo-saxon sans en étudier la philosophie (certes un peu travestie par l'expansion récente de l'Etat) ne mènera nulle part notre petit Bonaparte en quête de pouvoir absolu s'il ne prend pas le temps de la réflexion pour élaborer une véritable stratégie de la réforme. Car on le sent partagé entre un libéralisme de bon sens et un dirigisme volontaire. D'un coté, il s'intéresse aux fondements du droit de propriété comme le confirment sa réflexion un peu confidentielle sur la suppression de l'ISF (véto de Chirac) et la (finalement petite) baisse des droits de transmission, ainsi qu'à la libre expression comme l'attestent son rejet de la loi sur le voile et le refus de censurer un ouvrage pédophile qui a fait scandale. De l'autre, il souhaite administrer les prix, limiter la concurrence fiscale en Europe, lutter contre les délocalisations et convoquer régulièrement les grands chefs d'entreprise pour les sermonner, les contrôler.

Bref, oui à l'ambitieux qui souhaite réveiller le sens de la responsabilité chez les Français, qui veut les libérer des trop lourdes contraintes et de la "bien pensance" actuelles. Mais non au dirigiste têtu en quête d'ingérence permanente dans les affaires économiques, plus attiré par des mini-réformes d'apparence au sacrifice d'une vraie stratégie de recul de l'Etat. Oui au politique courageux qui parle franchement, non au réformateur superficiel de l'instant, qui décroche la fausse "bonne idée" d'une simple discussion dans la rue. Bouger, oui; brasser de l'air : non !

Pour le moment, les libéraux ne l'intéressent pas, surtout ceux qui s'affichent proches du looser politique éternel, Madelin. Mais en cas de faux pas, s'il tombe de son piédestal, il aura intérêt à avoir constitué jusqu'alors un bon réservoir de soutiens militants...ceux qui restent le font parce que leur soutien touche plus au fond qu'à la forme. Encore faudrait-il qu'il se penche un peu sur le contenu pour fixer une ligne claire et lisible."

Au moins aura-t-il le soutien de Tom Cruise, venu défendre récemment le dossier de l'église de scientologie (2 lourds redressements fiscaux) devant l'actuel ministre des finances...Si le dossier est bien "traité" bien entendu.
A moins qu'une sombre affaire Clearstream (chambre de règlement livraison de titres) touchant à des flux destinés à un certain Paul Stéphane Nagy-Bocsa ne viennent couper court aux plus beaux espoirs de notre petit Nicolas (Paul Stéphane) Sarkozy (de Nagy-Bocas)

15:56 Écrit par Alternative Lib | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |