07/10/2004

Hôpitaux publics : qui a parlé de gestion ?


Alors qu'une partie des syndicats de médecins hospitaliers appelle à nouveau à la grève aujourd'hui, un petit tableau accablant circule, comparant les tarifs entre établissements publics et privés de santé. Le constat ne laisse aucun doute : les coûts du public sont quasi systématiquement plus élevés que ceux du privé, ce que tous les médecins, experts ou professionnels qui se sont penchés sur la question, ou ont exercé dans les deux milieux confirment . Selon ce petit tableau, un accouchement sans complication coûte 2 343 euros dans le public contre 2 035 dans le privé, et une appendicectomie, 2 645 contre 1 160 euros. Pour certains actes, comme l'intervention sur une tumeur maligne de l'appareil génital masculin, ils vont même du simple au double (4 000 euros contre 1 247).
Le Haut conseil pour l'avenir de l'assurance maladie, que l'on ne peut soupçonner de partialité, a travaillé des mois durant à essayer d'analyser ces écarts entre les 1100 groupes d'hôpitaux publics et les 900 hôpitaux privés et 1200 cliniques. Il n'y est pas parvenu. Pourtant, 63 milliards d'euros sont en jeu, dont 20 % pour les cliniques qui emploient 120.000 salariés et 40.000 médecins, et soignent 6 millions de patients par an !

Les raisons de ce coût élevé des hôpitaux publics sont multiples :
- la structure de l'activité de l'hôpital public n'est pas la même que celle des cliniques, encore centrées sur la médecine, sur une partie de la chirurgie et sur l'obstétrique. De leur côté, les hôpitaux doivent faire face à de très coûteuses missions de service public, dont l'accueil des urgences, la recherche, ou la formation des étudiants en médecine.
D’où la grande revendication du privé d’appliquer à tous la tarification à la pathologie et non plus au forfait selon le nombre de lits qui constitue une criante inégalité de traitement, privilégiant le public, beaucoup plus coûteux.
- le statut et la rémunération des agents, sous contrat privé dans le privé, fonctionnaires dans le public, et la plus grande spécialisation du cliniques privées.
- les fixations de budgets ou de tarifs ne suivent pas la même procédure dans les deux secteurs.

Bien entendu, «ces comparaisons sont intellectuellement malhonnêtes», s'insurge pour sa part la fédération des hôpitaux publics, toujours prompte à défendre ses conditions pourtant déclarés insupportables par les personnels hospitalier et para hospitalier.

Certes, le Haut conseil pour l'avenir de l'assurance maladie souligne le manque d'outils comme «des tableaux de bord, le contrôle de gestion ou la comptabilité analytique», ce qui est révélateur de l’incompétence inquiétante des gestionnaires de notre système de santé. Pourtant, cette gestion, réputée pour la lourdeur de sa bureaucratie, ne manque pas de main d’œuvre ni de moyens. Autant dire que cet amateurisme est plus que choquant pour le cotisant qui préfèrerait disposer du libre choix pour s'adresser à une assurance professionnelle, privée, dans cette mission, afin d'en réduire la facture.
Face à l'extrême diversité des tarifs au sein des centres hospitaliers publics, mais aussi entre les cliniques, une maîtrise élémentaire de ces coûts paraît aujourd’hui incontournable, travail impératif pour obtenir des «résultats fiables» et permettre la tarification à la pathologie, plus juste et plus efficace.

16:18 Écrit par Alternative Lib | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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