11/03/2005

La France est devenue folle


La France régresse sur tous les plans : système scolaire inefficace et injuste, système universitaire inadapté, recherche pantouflarde, chômage élevé chronique, pauvreté durable, pénurie de logement, dette en hausse constante depuis 30 ans et qui dépasse les critères de Maastricht, système de santé de plus en plus décrié et un système de retraite au bord de la faillite.

Pourtant, quelques centaines de milliers de Français persistent à se mobiliser et, une fois de plus et malgré les promesses d'assurer un service minimum, prennent le pays en otage. Ecoles et postes fermées, trains et avions annulés, rien ne va plus.
Les revendications : un fourre-tout de demandes collectives et autoritaires. La place de l'individu, de la reconnaissance de son travail propre, de ses aspirations personnelles, n'ont aucune place dans la vision centralisatrice et dirigiste de ces syndiqués activistes.

La France vit sous le joug d'une majorité de droite sans aucun courage. La technocratie gestionnaire s'étant substituée au courage politique, voilà nos jeunes ENArques, professionnels de la politique, chercher en permanence un consensus avec des partenaires sociaux bien étranges. Ces partenaires sociaux tiennent leur légitimité représentative de la loi, comme si l'implication des salariés n'était pas un critère suffisant. Certes, à peine 8 % des Français sont syndiqués, un record en Europe ! Alors doit-on se fier aux élections professionnelles ? Devons-nous considérer qu'à coté des institutions démocratiques, notamment parlementaires, une seconde démocratie partielle, seulement élue par les salariés, devrait prendre le pouvoir aux élus du suffrage universel ? Pourtant, les salariés eux-mêmes votent peu, l'abstention est grande.

Les syndicats ont abandonné le terrain de l'entreprise dans l'ensemble pour se consacrer aux négociations de branche ou interprofessionnelles, loin des préoccupations concrètes des salariés qu'ils sont censés représenter. Ils siègent au CES et dans de multiples commissions, ils négocient avec les ministres et tiennent bien en mai notre système social dont nous reconnaissons tous les grandes performances (déficits explosifs : 14 milliards d'euros pour la sécu, 12 milliards pour le chômage !!!), tant dans leur gestion que dans les résultats (assistanat, trappes à pauvreté, incitation à l'inactivité, intégration ratée de l'immigration "parquée" dans des ghettos et assistée).

Après avoir perdu toute crédibilité auprès des salariés, il serait intéressant que le débat public porte sur la légitimité et sur la structure du syndicalisme actuel. Vaste tabou dont l'effondrement ferait sauter l'un des verrous de la réforme les plus importants en France.

10:20 Écrit par Alternative Lib | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

La France Au moins elle a une SP qui fonctionne bien, a la difference de la situation au Royaume Uni.

Écrit par : 50 Cents | 02/04/2005

SP = "sévices publics" ? Effectivement, le monde entier envie notre école et le principe opprissif de la carte scolaire, nos hôpitaux publics sont extraordinaires au point que les médecins ne rêvent que de s'y retrouver, les monopoles publics vont nous coûter au minimum 150 milliard d'euros pour éponger les régimes spécifiques retraite non provisionnés, etc.

Le bonheur, quoi !

Écrit par : Aurel | 04/04/2005

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